Times New Roman, la police qui traverse les époques

Lorsque l’on pense « police d’écriture », quelques noms nous viennent immédiatement en tête, souvent les mêmes au demeurant : Arial, Comic Sans MS, Helvetica, Tahoma… et, bien sûr, Times New Roman.

times new roman

Times New Roman : fiche d’identité
  • Année de création : 1931
  • Pays de création : Angleterre
  • Créateurs : Stanley Morison & Victor Lardent
  • Commercialisation : Par Monotype Corporation
  • Type de police : Classique, historique
  • Type d’empattement : Avec empattement (serif en anglais)
  • Classification Vox-Atypi : Réale
  • Popularité : +++ (utilisée essentiellement pour l’édition de livres)
  • Image véhiculée : Classique, professionnelle, traditionnelle, formelle.
  • Point d’attention particulier : Police des communications officielles et diplomatiques américaines.

Créée à l’origine pour la presse (on a tous en tête l’image d’un article de journal en anglais rédigé en Times New Roman), elle est devenue virale auprès du grand public à partir des années 1990, grâce à son intégration sur Windows, et notamment en tant que police par défaut du logiciel de traitement de texte Word.

Ce que l’on sait moins, c’est que Times New Roman doit aussi son plébiscite populaire à la quantité moindre qu’elle consomme en impression… Qui a dit qu’il n’y avait pas de petites économies ?

Révéler la beauté intérieure de vos textes
Mettre en page vos écrits avec Times New Roman avant de les partager leur donnera sans conteste une aura de sérieux, d’élégance et d’autorité.

Cependant, pour que cette impression se maintienne à la lecture, il ne suffit pas que la présentation soit belle ; le contenu doit également inspirer confiance et fiabilité.

Pour ce faire, rien de tel qu’une relecture orthographique à la pointe : un passage sur notre correcteur d’orthographe QuillBot pointera avec une précision millimétrée les erreurs de syntaxe et autres scories disgracieuses qui se seraient frayé un chemin jusqu’à votre prose.

Et si vous avez des questions sur le fond, notre chatbot IA peut vous aider à démêler le vrai du faux. Cela dit, n’hésitez jamais à lui demander de citer ses sources !

Police Times New Roman : histoire et commercialisation

Times New Roman s’est révélée pour la première fois aux yeux du grand public le 3 octobre 1932.

Il s’agit du jour où le journal The Times (communément appelé « le Times » en français) a sorti sa première édition imprimée en Times New Roman, une police de caractères spécialement créée sur demande de la direction du quotidien.

Mais revenons quelques années plus tôt.

En 1929, le journal britannique The Times, désireux de changer de police pour moderniser son image, gagner en lisibilité et économiser du budget à l’impression (quoi de plus normal au moment du fameux krach boursier de 1929 et des prémices de la Grande Dépression qui en découlera…), mandate Stanley Morison.

Conseiller typographique employé par la Monotype Corporation, Morison leur paraît être l’homme de la situation.

Stanley Morison, un choix symbolique sans le savoir
Savoir que c’est à Stanley Morison que le Times a fait appel ne manque pas de sel lorsqu’on sait que c’est justement grâce au Times que celui-ci a embrassé la carrière de typographe…

En septembre 1912, Stanley, alors âgé de 23 ans, achète un exemplaire du Times du jour. Jusqu’ici, rien de bien pittoresque… Mais la donne change lorsqu’il y découvre, coincé entre deux pages, un supplément sur le monde de l’imprimerie. Il lit la brochure, ou plutôt, il la dévore avidement.

Il n’en faudra pas plus à ce passionné de théologie et de calligraphie pour décider d’embrasser définitivement la voie de la typographie. Morison a trouvé sa vocation grâce au Times, et le créateur de caractères a pu lui rendre la pareille presque deux décennies plus tard.

Ainsi, la boucle est magnifiquement bouclée…

Avec le concours du dessinateur Victor Lardent, Morison conçoit une police qui optimise comme aucune autre l’espace imprimé tout en permettant des économies d’encre considérables. Cerise sur la typo, leur création peut se targuer d’avoir fière allure ; de faire « sérieux », mais pas guindé.

En partie basée sur deux polices déjà existantes (Plantin et Perpetua), Times New Roman voit le jour en 1931 !

Il faudra attendre fin 1933, soit un an après sa première sortie dans le journal The Times, pour que son design soit publié à des fins de vente commerciale au public.

La police Times New Roman connaîtra une refonte historique en 2006, toujours commandée par le quotidien qui fut à l’origine de sa première mouture. Les proportions et les détails diffèrent légèrement, mais pas de quoi sauter aux yeux des foules non initiées.

Times New Roman : un traitement VIP chez Google
Si vous saisissez la requête « Times New Roman » dans la barre de recherche Google, sachez que la page de résultats s’affichera entièrement en Times New Roman, et non avec la police native habituelle, Google Sans.
Chez Google, coutumier de ces petites surprises qui font aussi son charme, c’est ce que l’on appelle un easter egg (littéralement, un « œuf de Pâques »).

D’autres polices de caractères sont concernées (Comic sans MS, Garamond…) par le même tour de passe-passe, mais de nombreux autres types de requêtes mènent à des easter eggs tout aussi surprenants.

  • Si vous tapez « do a barrel roll » dans la barre de recherche et validez la requête, la page de résultats se met à tourner sur elle-même.
  • Avec « askew », la page de résultats ne penche que très légèrement, mais l’effet d’asymétrie n’en est pas moins saisissant !
  • Avis aux geeks : si vous entrez « Pac-Man », surprise, vous pouvez jouer directement au jeu en question en haut de la page avec votre clavier ! Mise en garde : tester cette trouvaille au bureau n’est pas recommandé ; votre patron pourrait alors vous attraper en flagrant délit de procrastination…
  • Et, pour terminer : si vous saisissez « anagramme » dans la barre de recherche et validez la requête, Google vous propose d’essayer plutôt l’orthographe « gare maman »… qui n’est autre que l’anagramme du mot anagramme.

Une dernière anecdote truculente au sujet de Times New Roman : la police s’appelle ainsi à cause du journal The Times, évidemment. Mais pourquoi « New Roman » ? Parce que la police qui l’a précédée à la rédaction (celle que l’on voulait tant remplacer car trop coûteuse en encre et en place sur la page) s’appelait déjà Times Old Roman.

Old signifiant « vieux » en anglais, et New « nouveau », la nouvelle dénomination était toute trouvée… Élémentaire, mon cher Stanley.

La police d’écriture Times New Roman : une institution

Times New Roman est certainement la plus connue des polices serif.

Times New Roman font : serif vs sans serif
Times New Roman est en effet une police serif, ou avec empattement.
Ce type de police s’oppose aux polices dites sans empattement, distinction que l’on opère selon un critère visuel immédiatement reconnaissable.

  • Les polices serif (avec empattement en français) possèdent de petits « pieds », crochets ou traits décoratifs aux extrémités de leurs caractères.
    Elles évoquent immédiatement un design classique, sérieux, et confèrent à la communication un caractère institutionnel symbolique d’une certaine autorité.
    Elles sont aussi très utilisées dans l’édition et la presse écrite, car jugées plus adaptées à la lecture de textes sur le long court.
    Exemples de polices avec empattement : Baskerville, Garamond, Palatino Linotype…
  • À l’inverse, les polices sans serif ne possèdent pas d’empattements. Leurs lignes sont droites et nettes.
    Leur aspect est moderne et minimaliste ; leur design épuré, mais accessible.
    On les utilise volontiers sur le web en raison de leur lisibilité optimisée pour les écrans et de leur côté « percutant ».
    Exemples de polices sans empattement : Arial, Aptos, Calibri, Comic sans MS, Helvetica, Open Sans, Roboto, Tahoma

Au vu des caractéristiques que l’on attribue à chacune de ces catégories, Times New Roman appartient évidemment à la première.

On lui connaît des variations telles que Times New Roman Bold, Times New Roman Italic, Times New Roman Condensed ou encore Times Modern.

Les avantages à utiliser Times New Roman sont nombreux, et directement liés à sa création :

  • elle occupe un minimum d’espace par rapport à la majorité des polices, ce qui permet de mettre plus de texte sur une même page/un même emplacement,
  • elle est et demeure très lisible en petit corps, y compris en police 10 ou moins,
  • elle est économe en encre, et diminue de ce fait les frais liés à l’impression.

Mais ses caractéristiques techniques ne sont pas les seuls arguments qui plaident en sa faveur : sa réputation constitue également un élément important de son succès.

En effet, Times New Roman est associée dans l’imaginaire collectif à une image sérieuse, de tradition. Aussi, elle renvoie à une certaine autorité, et s’est forgé une réputation crédible.

En lisant du Times New Roman, on s’attend alors à une communication officielle, un article de presse de haut vol, ou un roman de bonne qualité littéraire.

À l’inverse, quand l’œil repère du Times New Roman et lit une information futile et/ou dont la véracité n’est pas prouvée, un article de presse au ton léger ou un roman de piètre qualité, la déception est forcément au rendez-vous…

Pour autant, le secteur du marketing n’est pas en reste, puisque plusieurs marques ont choisi Times New Roman pour concevoir leur logo : les banques ING et HSBC, ou la marque de vêtements Guess, pour ne citer qu’eux. Et si ces exemples sont tous des noms de banques ou de marques de vêtements de luxe, et non des firmes qui vendent des produits fantaisistes et/ou bon marché, ce n’est certainement pas le fruit du hasard…

Utiliser Times New Roman en 2026

Paradoxalement, Times New Roman est rarement utilisée dans la presse (qu’elle soit écrite ou en ligne) de nos jours, mais elle continue à tenir le haut du pavé auprès du grand public.

Rendue populaire par son intégration systématique au catalogue des polices Microsoft et Apple, Times New Roman figure toujours en tête des polices utilisées pour les communications dans les administrations, les mairies et les écoles, ou encore sur les devantures des épiceries, afin de partager telle ou telle information utile à la clientèle.

La plupart du temps, son utilisation est purement inconsciente : on choisit surtout Times New Roman parce qu’on la connaît bien, et qu’on sait qu’elle ne choquera ou ne froissera personne.

Toutefois, attention aux publics spécifiques, à l’instar des personnes dyslexiques.

Times New Roman n’est pas un mauvais choix par essence (en tout cas, pas plus que n’importe quelle police serif), mais de nombreuses études tendent à prouver que les polices avec empattement compliquent la lecture chez ceux qui sont atteints de dyslexie. Ainsi, sur des supports d’activités sociales par exemple, on leur préférera une police sans empattement (Arial, Helvetica ou encore Aptos ; vous n’avez que l’embarras du choix).

Aussi, si vous cherchez à mettre sur pied une identité graphique forte ou visez un ton moderne, informel ou créatif, Times New Roman n’est peut-être pas la meilleure solution… Avec toutes les polices à disposition sur Internet, vous trouverez forcément mieux (et surtout plus adapté !).

Times New Roman, redevenue police officielle de l’administration américaine en 2025
Pendant très longtemps, l’administration américaine, ainsi que ses services diplomatiques, était tenue d’utiliser Times New Roman pour ses communications et au sein de ses documents officiels.

En 2023, le secrétaire d’État démocrate Anthony Blinken avait fait changer cette règle au profit de Calibri, pour des raisons d’inclusivité. En effet, en tant que police sans empattement, Calibri est plus facilement lue par les personnes atteintes de handicaps relatifs à la lecture ou à la vision. Un argument qui s’entend sur le fond, car il est logique et va dans le sens d’une plus grande prise en compte de tous les citoyens.

Mais depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2024, l’inclusivité n’est plus en odeur de sainteté, et le nouveau ministre américain des Affaires étrangères Marco Rubio a jugé que le retour de Times New Roman (et en taille 14, s’il vous plaît !) aux communications officielles était une affaire des plus urgentes. L’autorité avant la diversité, telle fut son crédo pour se justifier.

Cette décision s’inscrit évidemment dans la lignée de la charge menée contre les programmes « DEIA » (Diversité, Équité, Inclusion et Accessibilité) par l’administration Trump dans son ensemble.

Ne développons pas davantage, puisque l’on nous apprend très tôt qu’il est peu charitable de tirer sur l’ambulance. Le meilleur dernier mot a de toute façon déjà été prononcé à ce sujet, et c’est au créateur de Calibri, le Néerlandais Lucas de Groot, qu’on le doit. Il a qualifié l’annulation du décret pris par Anthony Blinken d’« à la fois hilarant et un peu triste ». Nous aurions eu du mal à trouver formule plus adéquate…

Pour terminer sur une note plus positive, un petit conseil à l’intention des auteurs qui souhaiteraient envoyer un manuscrit en maison d’édition pour le soumettre au jugement de professionnels et embrasser un rêve de publication (si Stanley Morison a réalisé le sien, pourquoi pas vous ?…).

Times New Roman fait partie des polices exigées par certaines maisons d’édition, et si rien n’est mentionné, elle sera la bienvenue sur votre tapuscrit, au même titre que Garamond, également appréciée pour sa simplicité.

À l’inverse, exception faite d’Arial qui peut convenir si vous avez vraiment une dent contre les polices avec empattements, on évitera les polices sans serif, qui manquent de patte littéraire et s’accordent beaucoup moins bien avec les textes-fleuves.

Et, bien évidemment, exit les polices décoratives, complexes et fantaisistes, même pour vos titres de chapitres : c’est le meilleur moyen de mettre le comité de lecture dans de mauvaises dispositions…

Citer cet article QuillBot

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Tihay, L. (17 février 2026). Times New Roman, la police qui traverse les époques. Quillbot. Date : 25 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/polices-decriture/times-new-roman/

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Laurine Tihay, BA

Après une licence en lettres et sciences du langage, Laurine, férue de lexicologie et de grammaire, s’est spécialisée dans la correction éditoriale. Également initiée à la narratologie, elle en connaît un rayon sur les techniques d’écriture créative appliquées aux œuvres de fiction et leurs spécificités inhérentes aux littératures de genre.

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