Calibri | Les secrets d’une police de caractères
Si vous étiez élève du secondaire, étudiant ou travailleur de bureau contraint à l’utilisation de la suite Office entre 2007 et 2023, une police d’écriture en particulier a difficilement pu vous échapper…
Il s’agit bien sûr de Calibri.
- Année de création : 2004
- Créateur : Lucas de Groot
- Commercialisation : Par Microsoft
- Type d’empattement : Sans empattement/sans serif
- Classification Vox-Atypi : Humane
- Popularité : ++ (police intégrée par défaut à Office, la suite bureautique de Microsoft, depuis 2007)
- Image véhiculée : Moderne, lisible, polyvalente, neutre, fine.
- Point d’attention particulier : A été bannie par le gouvernement américain en 2025 car jugée « trop inclusive ».
Succédant à Times New Roman en tant que police par défaut sur Microsoft Word — ainsi que le reste des applications de la suite Office —, Calibri bénéficiera d’une exposition à nulle autre pareille pendant 17 ans… avant d’être mise à la retraite anticipée en 2023, au profit d’Aptos.
Mais ne vous y trompez pas : Calibri est loin d’avoir dit son dernier mot.
Pour ce faire, rien de tel qu’une relecture orthographique à la pointe : un passage sur notre correcteur d’orthographe QuillBot pointera avec une précision millimétrée les erreurs de syntaxe et autres scories disgracieuses qui se seraient invitées dans votre prose.
Et si vous avez des questions sur le fond, notre chatbot IA peut vous aider à démêler le vrai du faux. Cela dit, n’hésitez jamais à lui demander de citer ses sources !
Police Calibri : histoire et commercialisation
Au milieu des années 2000, alors que la très traditionnelle Times New Roman occupe la place de police par défaut des applications de la suite Office, dont le logiciel de traitement de texte Word, Microsoft décide de frapper un grand coup en orchestrant un remplacement de sa police phare.
Cette fois, le cahier des charges est quelque peu révolutionnaire de ce qui avait cours jusqu’ici : les décideurs souhaitent privilégier une typographie hautement optimisée pour la lecture sur écran.
Le 30 janvier 2007, Calibri est présentée au public. Cette toute nouvelle font a été dessinée par le graphiste et typographe néerlandais Lucas de Groot, pour le compte de la Microsoft Font foundry. Elle est ensuite publiée en même temps que la nouvelle mouture de Microsoft Office, ainsi que le nouveau système d’exploitation mis au point par les équipes de Microsoft : Windows Vista.
Grâce à cette configuration de choix, Calibri s’est imposée rapidement (et massivement !) dans les foyers et les entreprises comme un incontournable de la communication administrative et officielle.
Elle a également su insuffler un vent de modernité, de renouveau et de légèreté sur les ordinateurs domestiques.
Pas mal, pour une police aussi discrète, non ?
Si vous tapez « Calibri » dans la barre du moteur de recherche, sachez que la page de résultats s’affichera entièrement en Calibri, et non avec la police native habituelle, Google Sans.
Chez Google, on appelle ce petit tour de passe-passe un easter egg (littéralement, un « œuf de Pâques »).
D’autres polices de caractères ont droit au même traitement de faveur, parce qu’elles sont emblématiques (Times New Roman, Comic sans MS, Garamond… mais, étrangement, pas Helvetica), mais de nombreux autres types de requêtes mènent à des easter eggs tout aussi renversants.
- Si vous écrivez « do a barrel roll » dans la barre de recherche et validez la requête, la page de résultats se met à tourner sur elle-même.
- Avec « askew », la page de résultats ne penche que très légèrement, mais l’effet d’asymétrie n’en est pas moins saisissant !
- Avis aux geeks : si vous tapez « Pac-Man », surprise, vous pouvez jouer directement au jeu en question en haut de la page depuis votre ordinateur, sans logiciel à installer ! Attention toutefois à ne pas abuser de cette astuce cathartique au bureau…
- Et, pour terminer : si vous saisissez « anagramme » dans la barre de recherche et validez la requête, Google vous propose d’essayer plutôt l’orthographe « gare maman »… qui n’est autre que l’anagramme du mot anagramme.
Calibri restera la police par défaut de la suite Office jusqu’en 2023, date à laquelle Aptos l’enverra au rebut.
Enfin, pas tout à fait, puisque Calibri n’a pas disparu de nos ordinateurs et appareils mobiles ; elle n’est simplement plus configurée comme la police par défaut chez Microsoft. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à être sélectionnée par les utilisateurs, soit par habitude, soit par plébiscite de ses lignes fines et de son design doux.
Calibri, symbole de l’ère numérique
Calibri compte parmi les polices sans serif qui pèsent, et qui n’ont plus grand-chose à prouver.
Ce type de police s’oppose aux polices dites avec empattement, distinction que l’on opère selon un critère visuel immédiatement reconnaissable.
- Les polices serif (avec empattement en français) possèdent de petits « pieds », crochets ou traits décoratifs aux extrémités de leurs caractères.
Elles évoquent immédiatement un design classique, sérieux, et confèrent à la communication un caractère institutionnel symbolique d’une certaine autorité.
Elles sont aussi très utilisées dans l’édition et la presse écrite, car jugées plus adaptées à la lecture de textes sur le long court.
Exemples de polices avec empattement : Baskerville, Garamond, Palatino Linotype… - À l’inverse, les polices sans serif ne possèdent pas d’empattements. Leurs lignes sont droites et nettes.
Leur aspect est moderne et minimaliste ; leur design épuré, mais accessible.
On les utilise volontiers sur le web en raison de leur lisibilité optimisée pour les écrans et de leur côté « percutant ».
Exemples de polices sans empattement : Arial, Aptos, Comic sans MS, Helvetica, Open Sans, Roboto, Tahoma…
Il suffit d’observer Calibri pour se rendre compte qu’elle appartient à la seconde catégorie, qu’elle représente avec une élégance et une subtilité dont elle n’a pas à rougir.
Sans empattement, Calibri n’en reste pas moins douce, avec ses courbes et terminaisons légèrement arrondies, et son trait fin. Autant de caractéristiques visuelles qui font d’elle une police aussi fiable et professionnelle que d’autres mastodontes du genre, à l’instar d’Arial et Helvetica, mais plus chaleureuse, moins « rigide »… Plus contemporaine, en somme.
Cerise sur la typo : conçue dans le cadre de la collection ClearType, Calibri a été pensée pour être aussi lisible en gros qu’en petits caractères, notamment sur les moniteurs LCD. De quoi jouer avec différentes tailles de police sans se soucier de détonner…
Née vingt ans plus tôt, Lucida a fait son entrée dans les systèmes Windows en même temps que la nouvelle tête d’affiche. Et si ses lignes sont légèrement plus larges et grossières que sa petite sœur, son tracé ressemble à s’y méprendre à celui de Calibri…
Peut-on encore utiliser Calibri en 2026 ?
Grâce à sa popularité et sa polyvalence, Calibri convient aussi bien aux documents professionnels et administratifs qu’aux usages courants.
Plus précisément, elle fonctionne idéalement dans l’écosystème Microsoft, pour lequel elle a été conçue, et reste une incontournable pour les usages suivants :
- pour produire des documents administratifs ou officiels (rapports internes, comptes rendus, notes de service, diaporamas de présentation…),
- pour communiquer une information formelle sans paraître froid ou conservateur,
- pour mettre son CV en page (sauf si l’on brigue un poste artistique ou créatif, dans le cadre duquel Calibri pourrait sembler manquer cruellement de peps et d’originalité),
- pour partager du contenu dans les universités et des entreprises technologiques…
À l’inverse, on tâchera d’y réfléchir à deux fois (à moins d’avoir une idée précise derrière la tête) avant d’utiliser Calibri :
- pour des projets créatifs, littéraires,
- dans le cadre d’une création de logo,
- pour l’impression de textes longs,
- pour tout projet se voulant novateur, porteur d’une identité forte ou avant-gardiste…
Auquel cas, son image corporate, voire transparente, pourrait vous desservir plus qu’autre chose. Car une police d’écriture fonctionne peu ou prou comme un vêtement : tout est toujours une question d’accorder les styles pour en faire ressortir la valeur…
En effet, de plus en plus d’études tendent alors à prouver que Calibri, en tant que police sans empattement, serait plus facilement décryptée par les personnes atteintes de handicaps liés à la lecture ou à la vision, à l’instar des dyslexiques.
Un pas en avant vers plus d’égalité, il n’en fallait pas plus pour provoquer une levée de boucliers chez les républicains les plus conservateurs, dont bien sûr l’équipe gouvernementale de Donald Trump, de retour au pouvoir depuis 2024.
Fraîchement nommé, son ministre américain des Affaires étrangères Marco Rubio, pourtant confronté à de nombreuses urgences au vu du paysage géopolitique mondial d’alors, a jugé que le retour de Times New Roman aux communications officielles était un dossier prioritaire. Une décision qui s’inscrit plus que jamais dans la lignée de la charge menée contre les programmes « DEIA » (Diversité, Équité, Inclusion et Accessibilité) par l’administration Trump dans son ensemble…
Ainsi soit-il ! Times New Roman fait quasi immédiatement son retour aux affaires, et Calibri, jugée trop woke, est renvoyée au placard.
Le créateur de Calibri lui-même, Lucas de Groot, a pris la parole pour réagir à ce rétropédalage, le qualifiant d’« à la fois hilarant et un peu triste ». CQFD.
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Tihay, L. (19 février 2026). Calibri | Les secrets d’une police de caractères. Quillbot. Date : 25 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/polices-decriture/calibri/