Lettre C | Mention C pour compliquer

Issue de l’alphabet latin, la lettre C affiche l’une des graphies les plus simples, en apparence, du français. Tellement simple, à vrai dire, que les typographies n’ont pas hésité à complexifier son dessin.

Du copyright à la cédille, le C s’est vu parer d’artifices typographiques, placés dessus, dessous ou à sa suite, qui l’ont transformé en véritable symbole.

Prononcée comme un « s », comme un « k », comme un « g » ou comme un chuchotement, la lettre C seconde parfaitement le français dans sa tendance à complexifier les choses…

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Lettre C : typographie

Issue du plus vieil alphabet recensé à ce jour, la graphie de la lettre C dérive des différentes modifications apportées au dessin angulaire de l’alphabet protosinaïtique. Désormais arrondie, elle représente un cercle discontinu, dont l’ouverture oriente le regard vers la droite.

Si cette lecture horizontale est commune à tous les alphabets dits linéaires, le sens de lecture gauche-droite est propre au caractère latin. Pour les Étrusques, dont l’écriture se lit majoritairement de droite à gauche, l’ouverture se situe à gauche du caractère.

Appelée gimel en phénicien et gamma en grec, la lettre C affiche une forme similaire à celle du G, et pour cause : les deux lettres ne font qu’une pour les locuteurs de l’Antiquité.

Les Romains sont les premiers à distinguer phonétiquement les deux sons. Ce faisant, ils ajoutent une petite barre horizontale au G pour le différencier du C, et ainsi représenter graphiquement la distinction phonétique qui existe, aujourd’hui encore, entre les deux lettres.

Le C majuscule

En typographie, le C majuscule est parfaitement équilibré. À l’instar du O majuscule, il peut difficilement faire l’objet d’une modification de format au risque d’en compromettre la lisibilité.

Toutefois, il doit présenter un crénage spécifique lorsqu’il est suivi par une autre lettre arrondie. Le rapprochement de deux lettres rondes successives (par exemple, « C » et « O ») est nécessaire pour combler l’espacement qui les sépare, et améliorer ainsi la lecture de la paire « CO ».

Les polices manuscrites, ou scriptes, affichent généralement une boucle supérieure et une quasi-boucle, située au-dessus de la ligne sur laquelle la lettre repose.

Ainsi, la boucle supérieure possède une hampe ascendante qui s’élève au-dessus du corps de la lettre, tandis que l’autre courbe fait partie du corps de la lettre. Seul l’ajout de la cédille, obligatoire sur la majuscule, offre au caractère un jambage inférieur.

Le glyphe du C cédille…
En typographie, un glyphe constitue le dessin du signe typographique dans son ensemble. Dans le cas du français, il désigne autant une ligature (« œ ») que la combinaison d’un caractère et de son diacritique (« à »).

La cédille est un signe diacritique qui, contrairement aux accents suscrits présents dans la partie supérieure du glyphe, se place sous le caractère. Ce signe souscrit est en contact avec la lettre, qu’elle soit minuscule (« ç ») ou majuscule (« Ç »).

Empruntée à l’espagnol au XVIIe siècle, la cédille, signifiant petit « z », doit son insertion sous le C français à un imprimeur et typographe de sont état. Geoffroy Tory, très au fait que la prononciation du « c » devant un « o » n’est pas la même dans coquin que dans garcon, décide de faire correspondre graphie et son.

Si l’idée est noble, l’intention est résolument mercantile : les ouvrages imprimés par Tory sont les premiers à être rédigés en moyen français, plutôt qu’en latin.

Technique commerciale ou volonté de simplification, la cédille a incontestablement modifié la graphie du français. Aujourd’hui encore, le « ç » se prononce comme un « s », noté [s] en alphabet phonétique international, devant les voyelles « a », « o » et « u ».

Cette initiative, qui ferait bondir les défenseurs du français moderne, a pourtant participé à sa démocratisation en mettant en lumière l’obscurité de son orthographe et la facilité, malheureusement révolue, de sa modification.

Le c minuscule

La minuscule, ou bas de casse, nécessite un rapprochement avec les lettres rondes, mais également avec les lettres droites. L’ouverture de son arrondi créant un espace blanc trop important à droite, le crénage de la lettre permet d’imbriquer ou de dissocier deux caractères.

Ainsi, les paires « ca » ou « co » présentent un crénage différent. Dans la première, les caractères sont rapprochés pour combler le vide laissé par le face-à-face de leurs ouvertures respectives. Au contraire, les caractères de la deuxième paire sont éloignés pour éviter la confusion avec d’autres suites de caractères arrondis (« oo » ou « cc »).

Lettre C : phonétique

En phonétique, la lettre C est un cas d’école pour exemplifier certains phénomènes articulatoires du français et la prononciation particulière du mot seconde.

Le « c » est une consonne fricative alvéolaire sourde, notée [s] en API, devant « e » (lycée), « i » (citron) ou « y » (cycle). Ce son est produit par un rapprochement de la pointe de la langue contre les alvéoles dentaires, situées juste derrière les dents.
L’air, dont le passage est réduit, frotte la langue et les dents avant de s’échapper par la bouche. Le sifflement produit est silencieux, car les cordes vocales ne vibrent pas.

Le « c » est aussi une consonne occlusive vélaire sourde, notée [k] en API, devant « a » (camion), « o » (corail), « u » (curieux) ou une consonne (classe). Ce son est produit par une constriction de la gorge qui obstrue l’air pendant un court moment.

Une fois relâché, l’air est dirigé vers le palais par le dos de la langue et expulsé par la bouche uniquement. Contraint par les muscles de la gorge, l’air provenant des poumons ne provoque pas la vibration des cordes vocales.

Le digramme ch ou l’onomatopée du chuchotement…
L’association des lettres « c » et « h » forme le digramme « ch », et un son qui, pour le dire simplement, se rapproche d’un chuchotement. Noté [ʃ] en API, ce son est dit sourd, car il ne fait pas vibrer les cordes vocales.

Cette absence de vibration est d’ailleurs le secret d’un chuchotement efficace, le même employé, il y a fort longtemps, dans les bibliothèques, les musées, les salles de cinémas et autres lieux publics.

Toutefois, le bruit – ou plutôt son absence dans ce cas – qui résulte de l’action de chuchoter n’est pas toujours une onomatopée. Le diagramme « ch » se prononce comme une occlusive, soit [k], dans certains mots d’origine grecque.

En effet, les mots orchestre, technique et chorale ne présentent pas le chuintement distinctif du son [ʃ]. Et si les Grecs ne chuchotaient pas ces mots, ils avaient la décence de le mentionner : orkhēstra, tekhnikos et khoros n’ont jamais présenté la lettre C.

Telle est la langue française : de faux étymons, d’imparfaites combinaisons et un fort risque de complications…

Dans les mots eczéma et seconde, le « c » devient une consonne occlusive vélaire sonore, dont l’émission provoque la vibration des cordes vocales. Le son produit, noté [g] en API, correspond à la lettre de même graphie à l’initiale de guitare, mais pas de girafe.

La vibration des cordes vocales, un phénomène appelé voisement, transforme les consonnes sourdes en sonores. Ce voisement est dû à l’influence des voyelles ou des consonnes sonores encadrant la consonne sourde.

Dans le cas du C, le nom d’une célèbre chaîne de restauration rapide est l’exemple parfait pour expliquer ce phénomène. Les amateurs de Magdo vous le diront : le son [k] de Mac devient [g], car il est entouré d’un « a » et d’un « d », deux sons sonores, ou voisés, qui font vibrer les cordes vocales sans interrompre, même temporairement, cette vibration. Loin d’être un signe de « paresse », il s’agit d’un phénomène articulatoire très fréquent.

Tellement fréquent d’ailleurs, que c’est ce même phénomène qui est à l’œuvre dans seconde. Le son [e] et la nasale [ɔ̃] transforment la consonne sourde en sonore, soit [segɔ̃d].
Au point que les graphies segond et second sont restées en cooccurrence pendant plusieurs siècles.

La volonté de conserver un lien étymologique avec le latin secundus a arrêté le choix des grammairiens du XVIe siècle sur la graphie second. On peut toutefois leur reprocher un certain manque de systématisme : dragon, pour ne citer que cet exemple, vient du latin draco

Lettre C : lexique

Avec une graphie pour trois prononciations, la lettre C cultive son ambiguïté. Pour rappel, elle se prononce comme un [s], sans l’ajout d’une cédille, devant les voyelles « e » et « i » (ceci), ainsi que la semi-voyelle, « y » (cyprès).

Elle rassemble aussi, sous des formes élidées, les démonstratifs ce et cela. Elle est alors suivie d’une apostrophe qui indique l’élision de leur voyelle finale devant « a », « o » et parfois « e ».

En effet, le « e » du pronom s’élide devant les différentes formes du verbe être, devant le pronom en ou encore devant le conditionnel passé. Cette même élision est en revanche proscrite lorsque le pronom sujet est suivi d’une proposition subordonnée relative introduite par en.

C’, c’ ou Ç’ : forme élidée
  • Élisions obligatoires :
    • C’est la vie !
    • C’était une très bonne idée !
    • C’en est fini de lui.
    • C’eût été formidable de la rencontrer.
  • Élisions facultatives :
    • Ç’aurait été de belles vacances, mais elles n’auront pas lieu.
    • Ça aurait été de belles vacances, mais elles n’auront pas lieu.
  • Élisions interdites :
    • Ce en quoi il croit ne me regarde pas.
    • Sur ce, on vous laisse.

On retrouve également la lettre « c » à l’initiale de deux homographes présentant une différence phonétique selon leur classe grammaticale. En effet, le déterminant numéral cent se prononce [sɑ̃], son « t » final restant silencieux.

Toutefois, puisqu’il ne se limite certainement pas aux frontières géographiques de la France, le français inclut également dans son lexique la forme cent, prononcé [sɛnt]. Marquée par un « t » final, cette forme désigne la centième partie de l’unité monétaire du dollar, monnaie en vigueur au Canada.

Emprunté à l’anglais, ce mot change de genre grammatical et de forme graphique dans le registre familier des Canadiens francophones. A l’époque des pièces de 1 ¢, les locuteurs distinguaient les cennes noires des cennes blanches (cinq, dix ou vingt-cinq cents), car elles n’étaient pas fabriquées dans le même alliage.

Aujourd’hui, on retrouve l’emploi du mot cenne dans une pléiade d’expressions figées, telles que pas pour une cenne ou ne pas ne pas valoir x cennes pour désigner l’absence de valeur de quelque chose.

Cent et cenne : particularismes lexicaux
  • Le profil de Charles III a remplacé celui d’Élisabeth II sur la pièce de 25 cents.
  • N’aie pas peur, il n’est pas méchant pour une cenne.
  • Ne t’en fais pas, ça ne vaut pas cinq cennes ce qu’il raconte.
  • Je ne peux pas venir avec vous, je n’ai plus une cenne.

Lettre C : symbolique

Lettre symbole par excellence, la lettre C n’est toutefois pas symbole d’excellence. Dans le système de notation alphabétique, elle correspond à la mention Bien. Les musiciens anglo-saxons s’en servent également pour désigner la note do, notée Cm pour le do mineur.

En mathématique, la lettre majuscule définit l’ensemble des nombres complexes. Lorsque le symbole infini lui est suscrit, soit C, le signe désigne la classe des fonctions indéfiniment dérivables.

Associant les deux formats de la lettre, les Romains ont utilisé le C majuscule en lieu et place du nombre 100 et la minuscule pour remplacer le mot circa, signifiant environ en latin. Ainsi, une date peut être écrite en chiffres romains et précédée de la mention c., soit c. C, pour situer approximativement une période de temps autour de l’an 100.

Lettres C et c : symboles et unités de mesure
  • C : symbole du coulomb (quantité d’électricité) ;
  • °C : symbole du degré — suscrit à gauche — Celsius (température) ;
  • C : symbole du condensateur (électronique) ;
  • C : symbole de l’élément chimique carbone ;
  • C : formule chimique du carbone atomique ;
  • ¢ : symbole du cent, centième partie du $ (aussi noté sans barre oblique) ;
  • c : symbole du carat (pureté en or d’un alliage) ;
  • c : symbole du carat métrique (masse d’un diamant) ;
  • c : célérité de la lumière dans le vide (astronomie) ;
  • c : concentration en mole d’un soluté (chimie).

Autrefois appelée scorbut, l’avitaminose C est une insuffisance ou une absence de vitamine C, essentielle au métabolisme des êtres humains.

Au-delà de la sphère médicale, le grand public associe surtout la lettre C à un scandale sanitaire sans précédent : l’affaire du sang contaminé. À la fin du XXe siècle, de nombreux patients ont déclaré une hépatite C, transmise par du sang contaminé, lors de soins hospitaliers.

Dans une utilisation plus moderne, la lettre minuscule se retrouve au centre d’un rond pour protéger le droit d’auteur. Appelé copyright, ce petit « c » entouré attribue à l’auteur, et à lui seul, le droit d’exploiter son œuvre.

Enfin, la majuscule, suivie par un deux-points et une barre oblique inverse (C: ou C:\), correspond à la partition principale de stockage des systèmes d’exploitation de Windows.
ll s’agit concrètement du disque dur contenant le système d’exploitation, les fichiers système et toutes autres applications installées par défaut.
La lettre C représente le lecteur, tandis que la barre oblique inverse, ou contre oblique, désigne le répertoire racine, l’emplacement principal de stockage de l’ordinateur.

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Charrin, A. (8 mars 2026). Lettre C | Mention C pour compliquer. Quillbot. Date : 13 mars 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/lettres-de-lalphabet/lettre-c/

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Aude Charrin, MA

Traductrice et linguiste de formation, Aude a également enseigné le français à des jeunes en difficulté scolaire. Sa nouvelle mission : démocratiser la langue française en vulgarisant ses concepts.

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