Baskerville (police de caractères)
En matière d’ouvrages littéraires, le contenu est évidemment central, puisqu’il donne sa raison d’être au livre. Pourtant, tous les lecteurs passionnés vous le diront, on aurait tort de négliger l’importance capitale du contenant.
Couverture attrayante, embossages savamment choisis, reliures artisanales ou encore grammage du papier sont autant de paramètres qui pèsent lourd dans la balance au moment de concevoir l’objet livre, tout comme le choix de la police d’écriture dédiée au corps du texte.
Parmi les classiques en la matière, on retrouve les emblématiques Times New Roman, Garamond et Palatino, sans oublier Baskerville, qui conjugue sobriété et raffinement comme aucune autre.

- Année de création : 1757
- Pays de création : Angleterre
- Créateur : John Baskerville (imprimeur et typographe)
- Commercialisation : par la Fonderie G. Peignot & Fils
- Type de police : Classique
- Type d’empattement : Avec empattement (serif en anglais)
- Classification Vox-Atypi : Réale
- Popularité : ++ (utilisée essentiellement pour l’édition de livres)
- Image véhiculée : Élégante, classique, raffinée, littéraire, confortable à la lecture.
- Point d’attention particulier : Police dont la conception remonte à plusieurs siècles.
Produire des livres plus nets, plus raffinés que ce qui se faisait jusqu’alors ; telle fut l’ambition à l’origine de la police Baskerville, qui porte encore à ce jour le nom de son créateur.
Le pari a non seulement été remporté haut la main, mais la réputation de Baskerville, née au milieu du XVIIIe siècle, a résisté à l’épreuve du temps. Aujourd’hui encore, elle apporte aux textes qu’elle habille une touche de clarté et de distinction, sans jamais sembler désuète.
Attention toutefois : une telle légende de la typographie mérite d’être utilisée à bon escient, et surtout dans le bon contexte, afin de ne pas envoyer le mauvais message.
Pour vous éviter de ruiner vos efforts avec des coquilles impromptues et vous permettre de vous concentrer sur l’essentiel, il y a le correcteur d’orthographe QuillBot. Soyez-en sûr(e) : il connaît ses classiques comme les nouvelles règles en vigueur.
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Police Baskerville : histoire et commercialisation
Baskerville peut se targuer d’être l’une des polices d’écriture les plus anciennes parmi celles que l’on utilise encore en masse dans les années 2020.
En effet, contrairement à la plupart des polices de caractère qui tiennent le haut du pavé, Baskerville n’est pas née au XXe siècle, mais au XVIIIe.
L’idée conductrice est alors la suivante : créer une police qui permette une impression à grande échelle et optimisée pour la lecture des textes au long cours.
Deux critères essentiels sont alors priorisés :
- des lignes, des courbures et des empattements nets (pour se défaire de cette impression que l’encre « bave » légèrement sur le papier, courante avec les polices dites Old Style à l’époque),
- un rendu raffiné.
Pour ce faire, le créateur de Baskerville, John Baskerville (1706-1775), cherche à produire un haut contraste global, à un niveau inédit jusqu’alors.
Mais à la lumière du nom du créateur de cette police (« Baskerville », un nom finalement pas si rare que ça en Angleterre), on devine qu’il n’en est rien, et que l’artiste a tout simplement signé son nom de son patronyme.
Et s’il fallait encore un argument pour vous convaincre qu’il n’existe aucun lien entre les deux, sachez que le Chien des Baskerville a été publié pour la première fois en 1902… soit 145 ans après la naissance de la police Baskerville.
Sous l’impulsion de John Baskerville et de ses équipes, la fameuse police voit le jour en 1757.
Sa gravure dans le métal est confiée au graveur John Handy, et sa commercialisation assurée par la Fonderie G. Peignot & Fils, une fonderie française qui fait la fierté du patrimoine typographique tricolore.
Une légende est bel et bien née !
Baskerville, une police de transition
Avant toute chose, Baskerville est une police de caractères dite avec empattement.
Ce type de police s’oppose aux polices dites avec empattement, distinction que l’on opère selon un critère visuel immédiatement reconnaissable.
- Les polices serif (avec empattement en français) possèdent de petits « pieds », crochets ou traits décoratifs aux extrémités de leurs caractères.
Elles évoquent immédiatement un design classique, sérieux, et confèrent à la communication un caractère institutionnel symbolique d’une certaine autorité.
Elles sont aussi très utilisées dans l’édition et la presse écrite, car jugées plus adaptées à la lecture de textes sur le long court.
Exemples de polices avec empattement : Garamond, Palatino Linotype, Times New Roman…
- À l’inverse, les polices sans serif ne possèdent pas d’empattements. Leurs lignes sont droites et nettes.
Leur aspect est moderne et minimaliste ; leur design épuré, mais accessible.
On les utilise volontiers sur le web en raison de leur lisibilité optimisée pour les écrans et de leur côté « percutant ».
Exemples de polices sans empattement : Arial, Aptos, Calibri, Comic sans MS, Helvetica, Open Sans, Roboto, Tahoma…
Au XVIIIe siècle, les polices avec empattement ont déjà la cote dans l’édition de livres, notamment celles appartenant à la famille des Old Style.
Les polices de caractères de la famille des garaldes (qu’on appelle Old Style en anglais) se caractérisent par leurs empattements triangulaires et le contraste qu’elles présentent entre leurs pleins et leurs déliés. Historiquement, elles sont apparues à la Renaissance, soit vers la fin du XVe siècle.
Elles sont directement inspirées de la calligraphie antique et se distinguent par un aspect classique et chaleureux, bien que leurs lignes parfois épaisses aient tendance à mal vieillir et à s’adapter difficilement aux usages numériques de notre temps… Mais revenons pour le moment au XVIIIe siècle.
Les évolutions en matière d’imprimerie appellent justement l’invention de nouvelles polices avec empattement, encore plus contrastées que les garaldes, mais ne reniant aucunement leur héritage classique qui sied tant à la conception de livres.
Qu’à cela ne tienne : la famille des réales fait son apparition. Baskerville en est la première illustre représentante, mais elle sera rejointe (et même supplantée) par Times New Roman, qui est certainement la police à empattement la plus utilisée dans le monde depuis sa création.
Dans le jargon typographique, on qualifie de ce fait les polices appartenant au groupe des réales de polices de transition. Et Baskerville étant arrivée bien avant Times New Roman (née au XXe siècle), on la considère comme la police de transition par excellence.
Concrètement, Baskerville se distingue par ses formes amples et généreuses.
Elle présente un contraste particulièrement marqué entre pleins et déliés, des empattements horizontaux en bas de casse (que l’on appelle plus communément les minuscules dans le langage courant) et des hampes à la verticalité marquée.
Baskerville offre ainsi un vrai confort de lecture, accentué par un rythme régulier dans la succession des caractères.
En somme, il s’agit d’une police aussi commode et pratique qu’esthétique.
Pour pallier ce problème, les typographes contemporains ont travaillé sur plusieurs variations destinées à optimiser l’usage de Baskerville sur écran, dont Libre Baskerville.
Avec ses empattements plus larges, son contraste retravaillé et sa hauteur plus élevée, Libre Baskerville, pourtant basée sur la police originale, parfait la lecture numérique de pages web et d’articles mis en page à l’aide de cette légende de la typographie.
Cerise sur le gâteau : elle est libre de droits, et peut être téléchargée gratuitement en ligne.
Baskerville : quels usages en 2026 ?
Pour toutes les raisons et caractéristiques listées précédemment, Baskerville renvoie une impression de clarté et de rigueur, sans pour autant paraître trop sérieuse.
Elle est associée à une certaine tradition littéraire, et ne pose aucun problème quant à son usage dans des textes longs.
- l’édition de livres. Elle convient en particulier des livres de fiction et des classiques de la littérature, mais peut également s’accorder avec certains essais, philosophiques notamment,
- les articles de presse (sur papier ou en ligne) invitant à la réflexion intellectuelle,
- la construction d’identités visuelles sobres et humanistes (pour le logo d’une librairie, d’une bibliothèque ou d’un blog littéraire, ou encore pour un groupe de réflexion politique)…
À l’inverse, on aura tendance à éviter Baskerville pour :
- les contenus courts et/ou sans orientation intellectuelle, littéraire ou réflexive marquée,
- l’édition de livres pratiques,
- l’identité visuelle d’une marque qui se veut jeune, dynamique et résolument avant-gardiste,
- les projets à direction artistique ultra-minimaliste (Baskerville fait trop « habillée » pour cela)…
Baskerville : quelles alternatives ?
Baskerville a ses fans de la première heure, mais même pour les aficionados, un peu de changement peut être bienvenu…
Si tel est le cas pour vous et que vous recherchez des polices proches de Baskerville, aux morphologies voisines et provoquant des effets similaires sur votre audience, voici quelques propositions qui devraient vous parler :
- Bembo,
- Book Antiqua,
- Caslon,
- Charter,
- Crimson Text,
- Garamond,
- Georgia,
- Goudy Old Style,
- Minion Pro,
- Mrs Eaves,
- Palatino,
- Sabon…
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Tihay, L. (17 février 2026). Baskerville (police de caractères). Quillbot. Date : 25 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/polices-decriture/baskerville/