Kerning (ou crénage) | Définition
En typographie, le kerning, terme anglais, désigne l’ajustement de l’espace entre deux caractères.
Opposé à l’approche uniforme, le crénage, équivalent français, privilégie l’approche de paire en mettant l’accent sur la relation unique qui existe entre des caractères successifs.
Espace, approche, crénage sont autant de notions typographiques dont la maîtrise est essentielle pour la création d’une identité visuelle unique. Si le crénage participe à rendre une marque inoubliable, une bonne typographie, elle, sait se faire oublier…
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Kerning, crénage, approche de paire : 3 termes, une même définition
Le crénage, aussi désigné par le terme kerning en anglais, est une approche typographique de paire. Elle permet d’ajuster le blanc, ou l’espacement, entre des paires de lettres, notamment lorsque la police utilisée est une police à chasse variable.
- glyphe : dessin du signe typographique (caractère, diacritique, ligature, etc.),
- approche : espaces fines ajoutées de chaque côté du glyphe,
- chasse : largeur du glyphe d’un caractère, comprenant ses deux approches,
- fonte : ensemble des glyphes (lettres et signes) composant un caractère complet.
Dans une police dont la chasse est invariable, le glyphe et ses espaces latérales sont les mêmes. Dans une police à chasse variable, les espaces de part et d’autre du glyphe varient en fonction de chaque glyphe.
Un crénage régulier permet un espacement identique entre chaque paire de glyphes, quelle qu’elle soit. Ainsi, dans une police de caractères créée par un professionnel, le graphiste décide du crénage pour chaque paire de caractères, une à une.
Aujourd’hui, les outils informatiques, notamment les logiciels de gestion de fonte, le font automatiquement. Toutefois, le résultat est loin d’être satisfaisant, car le crénage uniforme n’est pas spécifique à chaque paire de lettres.
Dans l’approche par paire, le graphiste teste toutes les associations possibles de paires de caractères pour en régler les espacements. La paire de lettres « ab », puisqu’elle diffère de la paire de lettres « ba », n’aura pas le même espacement avant et après chaque glyphe.
Au temps des caractères d’imprimerie en plomb, ces blancs étaient identiques. Chaque approche, qu’elle soit gauche ou droite, affichait la même largeur, tout comme son équivalent vertical, le talus de tête ou de pied, respectivement au-dessus ou en dessous de la ligne de base.
Parallélépipèdes, les petites pièces métalliques des premières presses européennes ont d’abord présenté une forme carrée pour devenir rectangulaire lorsque le talus et l’approche ont changé d’épaisseur.
Aujourd’hui, l’approche par paire se confond avec le crénage. Toutefois, techniquement, le crénage consiste en l’ajustement de l’approche d’un seul des deux caractères de la paire pour corriger son interlettrage, la somme de toutes les approches de la paire.
Quelle que soit la terminologie adoptée, retenons simplement que chacune de ces techniques modifie l’espacement entre deux glyphes successifs.
Ainsi, l’essence des polices à chasse variable réside dans ce détail typographique : l’espacement n’est pas unique au glyphe, mais résulte de la combinaison des différentes formes de caractères.
Par ailleurs, certains caractères de ces polices ne possèdent pas du tout d’approche : les ligatures (« æ » ou « œ ») et les consonnes doubles (« tt » ou « ff ») se touchent physiquement pour ne former qu’une seule et même lettre.
Kerning et tracking : différences
Aujourd’hui, les outils de PAO (publication assistée par ordinateur) permettent de modifier l’esthétique générale d’un texte en utilisant à la fois le kerning, ou l’approche de paire, et le tracking, ou l’approche de groupe, au sein d’un même texte.
Si l’approche de paire ajuste l’espacement entre deux caractères successifs spécifiques, l’approche de groupe modifie les espaces entre les mots et les lignes.
- Kerning : ajustement spécifique entre deux glyphes (approche de paire).
- Certaines paires de caractères, comme les lettres « AV », doivent afficher une espace ni trop étroite ni trop large entre les lignes obliques pour les distinguer rapidement d’une ligature (« Æ » par exemple), sans les confondre avec une abréviation, notamment celles du nom commun avenue ou de la préposition avant.
- Tracking : ajustement uniforme entre les lettres, les mots ou les lignes d’un texte.
- Les titres écrits en capitales nécessitent une approche élargie, car les glyphes ne présentent aucun jambage, ces traits verticaux au-dessus ou en dessous de la ligne de base. Quelle que soit la police de caractère, le tracking augmente la lisibilité des mots et la structure générale d’un texte en modifiant également la hauteur des interlignes.
Crénage automatique et crénage manuel : différences
Le crénage automatique proposé par certains logiciels est généralement de type métrique ou optique.
Le crénage métrique est basé sur les données fournies par l’éditeur de la police. Les paires de crénage proposent des espacements métriques spécifiques et prédéfinis pour une lisibilité optimale.
Toutefois, l’ajustement automatique ne permet aucune modification, même lorsque les espaces prédéfinies ne sont pas tout à fait idéales en fonction du texte, du support ou de l’environnement visuel de la marque. De fait, ces polices payantes ne sont pas toujours à la hauteur de l’investissement financier qu’elles nécessitent.
Le crénage optique est entièrement basé sur le calcul des algorithmes qui analysent la forme des lettres et ajustent l’espace en fonction des traits courbes ou obliques. Contrairement au crénage métrique, le rendu visuel est uniformisé et non spécifique.
Cette uniformisation pose problème pour les paires critiques, ces combinaisons de glyphes particulièrement difficiles à déchiffrer pour l’œil. Ces dernières doivent être ajustées manuellement pour être lues plus facilement.
- Les diagonales : l’espacement entre les formes « A », « V » et « W » doivent être adéquat entre les obliques.
- Les formes ouvertes : l’espace blanc le long du corps d’un « L », d’un « T » ou d’un « Y » doit être réduit pour ne pas dissocier le glyphe de celui qui le suit ou le précède.
- Les formes rondes et les formes droites : deux formes rondes (« OO ») nécessitent moins d’approche latérale qu’une forme ronde associée à une forme droite (« HO » ou « QI »).
De façon générale, les algorithmes ne perçoivent pas les formes courbes ou les formes ouvertes de la même façon que l’œil. Un crénage uniforme ou automatisé apporte un déséquilibre visuel qui ralentit, voire empêche la lecture.
Le crénage manuel reste la meilleure façon d’ajuster l’espacement entre les caractères et les lignes d’un texte. Compenser les blancs ou effacer les écarts sont des précisions typographiques qui améliorent les performances cognitives du lecteur.
Dans le cas des logos, la typographie est bien plus qu’une question d’ajustement. Elle joue sur les perceptions psychologiques : un tracking très large entre les lettres est véritablement caractéristique des marques prestigieuses (Chanel, Hermès, Rolex, etc.). Dans les représentations et les perceptions, l’espace est toujours associé au luxe.
À l’inverse, le resserrement des caractères évoque la vitesse et la réactivité, des sensations également véhiculées par l’utilisation de l’italique dans les logos d’entreprise de transport ou de logistique (DHL).
Un crénage particulièrement resserré, autorisant des ligatures esthétiques et permettant aux lettres de se toucher, donne une sensation de souplesse et d’agilité qui sied parfaitement à des marques d’équipements sportifs (Decathlon).
Au-delà du dessin des caractères, le crénage s’intéresse à l’espace qui les entoure, aux vides qui les séparent et les remplissent. Sa nature invisible mais essentielle, sa dimension à la fois technique et artistique fait la part belle à l’homme plutôt qu’à la machine, et rend à la typographie toutes ses lettres de noblesse…
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