Lettre B | Le b.a.-ba du B…
Issue de l’alphabet grec, la lettre B est le deuxième des caractères latins composant l’alphabet français. Phonétiquement complexe, le B l’est tout autant par son histoire que par le défi typographique qu’il représente.
Du symbole informatique à la variable mathématique, la lettre B n’est pas toujours synonyme de bien dans les films de série B. Qu’à cela ne tienne, elle a pour elle le b.a.-ba du binaire…
En plus d’afficher les caractères invisibles ou de convertir et d’éditer des PDF, l’IA de QuillBot s’occupe de tout, sauf peut-être de faire le café. Pourtant, on n’a pas encore trouvé meilleur remède pour éviter de tout prendre… au pied de la lettre !
Table des matières
Lettre B : typographie
En typographie, la lettre B est un caractère formé de deux boucles superposées, liées sur la gauche par une barre verticale.
Loin d’être fortuit, ce dessin proviendrait d’un hiéroglyphe égyptien représentant une forme rectangulaire, symbole du lieu d’habitation. De ce rectangle a découlé toute une série de formes géométriques d’abord, puis arrondies par la suite.
La lettre B révèle à elle seule l’évolution de l’écriture au cœur de l’Antiquité mésopotamienne. Composée à l’origine de pictogrammes, l’écriture cunéiforme se transforme progressivement en une succession de signes inscrits sur des tablettes d’argiles à l’aide de calame, des roseaux biseautés.
Leur pointe taillée ne permet de tracer que des signes anguleux présentant de nombreux angles, ouverts et fermés. Associés à des coins, ces signes en forme de clous confèrent à cette écriture le qualificatif de cunéiforme, qui demeure, avec les hiéroglyphes, l’une des toutes premières écritures recensées.
Dans la Grèce archaïque puis antique, la lettre s’arrondit. À leur tour, les Romains conservent des Étrusques certains contours linéaires, mais adoptent les boucles du bêta grec. Des millénaires plus tard, la lettre B affiche encore fièrement ses formes rebondies.
Le B majuscule
Si le B majuscule tire ses deux boucles des alphabets grec et romain, c’est d’abord aux scribes médiévaux et à leur plume trempée d’encre que l’on doit les arabesques du caractère scripté.
Inspirée du calame, la plume est taillée en une pointe rectiligne et de largeur fixe. Fendu sur la longueur pour éviter que l’encre ne s’accumule, l’outil est à la fois fragile et raide. Les pleins et les déliés, les traits fins et épais du caractère, ne sont pas tant l’œuvre de l’outil que de la manière dont il est tenu.
En Europe médiévale, apparaissent, au début d’un chapitre ou d’un paragraphe, les premières lettrines, des lettres ornées et surdimensionnées. Le B fait alors l’objet d’une calligraphie complexe, dont les typographes se sont débarrassés dès l’apparition des presses d’imprimeries.
Toutefois, dans les typographies cursives reproduisant l’écriture manuscrite, la lettre B pose toujours un défi technique. La boucle inférieure doit toujours être légèrement plus grande que la boucle supérieure pour éviter que la lettre ne donne l’impression de pencher vers la droite.
Autrement dit, si la boucle du haut ne repose pas entièrement sur une boucle du bas plus large, le B pique du nez ! Ces détails, imperceptibles à l’œil nu, constituent pourtant la raison d’être de la typographie moderne : rendre le visible invisible et, à la lettre, toute sa noblesse.
Le b minuscule
Trop absorbés par leurs lettrines, les scribes auraient décidé de supprimer la boucle supérieure dans les dessins de plus petite taille.
La minuscule aurait ainsi perdu sa boucle du haut pour ne conserver, aujourd’hui encore, que sa hampe, le trait vertical situé au-dessus du corps de la lettre.
Gain de temps, paresse, appât du gain, les scribes médiévaux et les moines copistes sont tenus responsables de bien des maux graphiques de la langue française. Ces théories, impossibles à vérifier, font pourtant partie intégrante de l’étymologie populaire.
Cette union serait même à l’origine du mot alphabet, où les deux premières lettres grecques, alpha et bêta, se retrouvent soudées l’une à l’autre.
Et s’il est vrai qu’on ne peut rien prouver, l’union fait toujours la force, à n’en pas douter !
Lettre B : phonétique
En phonétique, les consonnes s’opposent aux voyelles parce qu’elles gênent ou empêchent le passage de l’air dans l’appareil phonatoire. Son consonantique par excellence, la lettre B est décrite selon trois traits articulatoires qui mettent à contribution différents organes vocaux.
Les traits articulatoires du B regroupent le mode d’articulation, le point d’articulation et le voisement (la vibration des cordes vocales). Ces trois traits font de la consonne phonétique une occlusive bilabiale voisée (ou sonore).
Le mode d’articulation est le plus facile à identifier : la lèvre supérieure et la lèvre inférieure se rejoignent pour prononcer le B. Cette participation bilatérale des deux lèvres qualifie la consonne de bilabiale.
Logique, pourrait-on penser… Si c’était le cas, toutes les langues auraient la même initiale pour ce mot. Or en anglais, langue de tradition pourtant latine, c’est plutôt kiss, et même French kiss, qui décrit l’union affective ou amoureuse des lèvres.
En japonais, l’emprunt à l’anglais donne un son proche de « kissu » pour le baiser amoureux, mais le son « chuu » est employé pour le bisou informel, et « seppun » témoigne du geste chaste et formel de la littérature et de la poésie romantique.
Les différents sons japonais prouvent l’absence de motivation de ce signe linguistique. Autrement dit, ce n’est pas le geste qui fait le mot ou le mot qui fait le geste, le lien entre les deux est complètement arbitraire.
On peut éventuellement rapprocher la consonne initiale d’une onomatopée, la reproduction du son que produisent les lèvres lors de l’émission de la consonne.
Dans tous les cas, on ne pourra jamais vous empêcher de joindre le geste à la parole. À condition toutefois que ce geste soit consenti et consentant, évidemment…
Dans leur union, les lèvres retiennent d’abord l’air, puis le libèrent en une légère explosion. Le son produit est alors propre aux consonnes dites occlusives, dont l’articulation présente une fermeture (ou une occlusion), suivie d’une brusque ouverture de la bouche.
Enfin, le voisement permet la vibration des cordes vocales lors du passage de l’air. Les consonnes voisées, dites sonores, s’opposent aux consonnes sourdes, ou non voisées. Pour comprendre ce phénomène, il suffit de placer sa main sur sa gorge et de chuchoter : les cordes vocales ne vibrant pas, aucun son n’est produit.
Comme en français, le « b » espagnol est, dans la majorité des cas, une occlusive bilabiale voisée. En revanche, le « v » français, consonne labiodentale où les dents frottent sur la lèvre inférieure, n’existe pas phonétiquement parlant en espagnol. Ce qui n’empêche pas à la lettre d’apparaître graphiquement dans la langue.
Ces « v » graphiques ne sont pas tout à fait identiques aux bilabiales du « b » phonétique. Les deux verbes beber et vivir ont en sont le parfait exemple : ils partagent un même son, qui n’est ni parfaitement un « b » ni totalement un « v ».
Entre deux voyelles, le son consonantique espagnol est en réalité une fricative et non une occlusive : les lèvres se rapprochent, mais ne se ferment pas complètement. Il n’y a pas l’explosion qu’il peut y avoir à l’initiale de bailar (danser), ou après une consonne, comme dans bamba.
Partageant un même son, à mi-chemin entre le « b » et « v », les deux verbes espagnols s’écrivent pourtant avec des consonnes graphiques différentes : deux « b » pour beber, et deux « v » pour vivir.
L’influence du latin, bibere et vivere, n’est certainement pas étrangère à ces distinctions graphiques. Souvent qualifié de langue transparente, l’espagnol partage avec le français un code graphique à la logique plutôt amvibalente…
Lettre B : symbolique
En médecine, la lettre B est très productive. À l’image de sa voisine la lettre A, elle identifie le groupe sanguin des personnes qui présentent uniquement l’antigène B.
Elle distingue également diverses maladies, dont l’hépatite B, une affection inflammatoire du foie nettement plus grave que la bénigne hépatite A.
Également à l’œuvre dans la nomenclature des vitamines, la lettre se retrouve à l’initiale du béribéri, une carence en vitamine B1, répondant au terme médical d’avitaminose B.
- B : symbole de l’élément chimique bore (exemple d’isotope stable : 10B) ;
- B : symbole de l’unité de mesure bel (65 décibels).
- b : unité de mesure du bit (stockage en informatique, appelé octet en français) ;
- b : unité de mesure du barn (superficie en physique nucléaire).
Deuxième variable mathématique après le « a », la minuscule « b » représente la seconde inconnue des équations algébriques.
Cette deuxième position se retrouve également au sein du système de notation alphabétique. Bien que cette lettre débute le mot bien, elle équivaut plutôt à la mention très bien dans les barèmes scolaires nord-américains.
- le b.a.-ba : connaissances élémentaires dans un domaine donné.
- Elle a appris le b.a.-ba du yoga lors de son voyage au Népal.
- plan B : une nouvelle option différente de la première possibilité.
- Le stop reste un excellent plan B en cas de grève des transports.
- film de série B : film de piètre qualité.
- J’ai loué tous les films de série B de la cinémathèque.
- prouver/démontrer par a plus b :
- Ces théories sont impossibles à prouver par a plus b.
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Charrin, A. (25 février 2026). Lettre B | Le b.a.-ba du B…. Quillbot. Date : 27 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/lettres-de-lalphabet/lettre-b/

