Comic Sans MS | Une police souvent moquée, mais jamais égalée

On l’aime ou on la déteste — souvent les deux à la fois, d’ailleurs —, mais une chose est sûre : Comic sans MS est une police qui ne laisse personne indifférent.

Et pour cause, il ne s’agit pas vraiment d’une police de caractères comme les autres, mais d’un véritable phénomène culturel, qui a notamment marqué la pop culture (ou culture de masse) des années 2000 et 2010.

Mais si, souvenez-vous…

Comic sans MS : fiche d’identité
  • Année de création : 1995
  • Pays de création : États-Unis
  • Créateur : Vincent Connare (pour Microsoft)
  • Type de police/Classification VoxAtypi : Manuaire
  • Type d’empattement : Sans empattement (sans serif en anglais)
  • Popularité : + (très répandue et plébiscitée à une époque, mais souffre désormais d’une réputation désuète et peu professionnelle)
  • Image véhiculée : Informelle, ludique, décontractée, « cartoonesque » voire amatrice et dépassée.
  • Point d’attention particulier : Facilite la lecture aux personnes atteintes de dyslexie.

À l’instar de toute tendance sociétale, Comic Sans MS compte bien sûr son lot de détracteurs, voire de haters fièrement autoproclamés, parmi lesquels la police du « mauvais goût typographique ».

Certes, Comic Sans MS n’est pas tracée dans les lignes les plus fines et on la verrait mal figurer en page de garde d’une thèse académique, mais elle n’en reste pas moins un symbole évocateur d’un esprit récréatif et d’une époque ultra-créative.

Quant à l’utiliser aujourd’hui, c’est encore possible, mais à moins de l’envisager pour un mème, la prudence est de mise. Attention en effet à ne pas vous emballer sous l’effet de la nostalgie…

La perfection à tous les étages
Écrire avec une police claire et adaptée à votre message, oui, mais cela n’est efficace en vérité que si votre texte est exempt de fautes d’orthographe et d’erreurs de syntaxe.

Heureusement, pour vous éviter de ruiner vos efforts et vous laisser vous concentrer sur l’essentiel, nous avons la parade : notre correcteur d’orthographe QuillBot. Soyez-en sûr(e) : il connaît ses classiques comme les nouvelles règles en vigueur.

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Police Comic Sans MS : histoire et développement

Le premier adjectif qui vous vient en songeant à Comic Sans MS est « cartoonesque » ou enfantin ? Rien de plus logique là-dedans, puisque c’était le but recherché à l’origine !

En 1994, Vincent Connare (amis francophones, prière de veiller à bien orthographier son nom pour éviter toute confusion malencontreuse…), typographe chez Microsoft Corporation, se voit confier une mission de la plus haute importance : élaborer la typographie d’un nouveau logiciel.

Le nom de l’heureux élu n’est autre que Microsoft Bob, un programme pensé sur le papier pour proposer une interface non technique aux tout nouveaux utilisateurs d’ordinateurs de bureau.

Cela ne vous dit peut-être rien à première vue, mais cela n’est guère étonnant : Bob a fait un bide monumental, conduisant à l’abandon du projet avant même la sortie de Windows 98.

Mal-aimée, je suis la Mal-aimée…
En 2010, un article de Time Magazine intronisait Microsoft Bob comme l’une des pires inventions de tous les temps. Pourquoi tant de haine pour une parenthèse si anecdotique dans l’histoire de Windows et Microsoft ?

Selon le Time, au-delà de l’échec du logiciel, le grand tort du projet est d’avoir permis… la naissance de l’horrible police Comic Sans MS.

Persécution gratuite, vous dites ?

Aussi, afin de rendre justice à ce cher Bob parti trop tôt, rappelons tout de même que, si l’idée mère est rapidement morte dans l’œuf, elle a mis le pied à l’étrier à la conception de Rover, le petit chien d’aide à la recherche qui a accompagné (avec succès !) les utilisateurs de Windows XP durant de nombreuses années…

Parmi les utilisateurs visés par Bob figuraient les enfants. Comic Sans MS a de ce fait été conçue pour donner un côté ludique à l’interface du logiciel, dont l’esthétique n’était pas sans rappeler celle des dessins animés de l’époque.

Quand on y pense, son nom (le nom Comics étant en anglais l’équivalent de bande dessinée en français) est d’ailleurs plutôt transparent quant à ses intentions…

Le saviez-vous ?
C’est également à Vincent Connare et à ses équipes que l’on doit les polices Trebuchet et Ubuntu.

Intégrée par défaut dans Windows malgré la mise au rebut anticipée de Bob, Comic Sans MS séduit le grand public pour son aspect informel, à tel point qu’on la retrouve très vite partout où l’on va, y compris en dehors des murs de la Toile : affiches scolaires, faire-parts, panneaux de rue, présentations PowerPoint, sites web des années 2000… Sa disponibilité quasi universelle et ses accents décontractés en font le choix par défaut de millions d’utilisateurs non professionnels, à commencer par les jeunes.

Dans le monde francophone, à la fin des années 2000, les Skyblogs des ados d’alors arborent des centaines de milliers de « Lâââch3 té comZZZZZ » stylisés en police Comic Sans MS, que l’on retrouve alors également dans les statuts personnalisables du logiciel de messagerie instantanée MSN.

C’est précisément son omniprésence, combinée à des usages bientôt considérés comme futiles et déjà dépassés, qui va sceller sa réputation…

Ne s’agit-il pas après tout du lot de nombreuses tendances populaires ? Elles deviennent un beau jour désuètes, puis, beaucoup plus tard, on leur concède, presque à la manière d’un euphémisme, un petit côté vintage

En 2026, Comic Sans MS fait quasiment office de clin d’œil gentiment cynique à un passé que l’on assume difficilement (l’ère des premiers réseaux sociaux) alors qu’il éveille chez ceux qui l’ont connu une tendre nostalgie.

C’est la raison pour laquelle on retrouve encore cette police sur un nombre non négligeable de mèmes (ces images, vidéos ou textes humoristiques diffusés largement sur Internet, au point de devenir viraux), ceux qui se veulent gentiment ringards en guise de plaisanterie entendue entre Millennials (c’est-à-dire la génération composée des personnes nées entre 1981 et 1996, qui a connu la naissance de l’informatique grand public, mais aussi la vie sans elle).

Typo Comic Sans MS : la surprise du chef
Si vous tapez les requêtes « Comic Sans », « Comic Sans MS » ou « Vincent Connare » dans la barre de recherche Google, les résultats proposés s’afficheront en Comic sans MS, et non avec la police native habituelle, Google Sans.
Chez Google, coutumier de ces petits tours de passe-passe qui font aussi son charme, c’est ce que l’on appelle un easter egg.

Voici quelques autres easter eggs Google parmi les plus connus :

  • Si vous saisissez « do a barrel roll » dans la barre de recherche et validez la requête, la page de résultats se met à tourner sur elle-même (personne sujette aux vertiges, s’abstenir).
  • Avec « askew », la page de résultats ne penche que très légèrement, mais l’effet d’asymétrie est garanti !
  • Avis aux geeks : vous saisissez « Pac-Man », surprise, vous pouvez jouer directement au jeu en question en haut de la page avec votre clavier !
  • Et, pour terminer : si vous saisissez « anagramme » dans la barre de recherche et validez la requête, Google vous propose d’essayer plutôt l’orthographe « gare maman »… qui n’est autre que l’anagramme du mot anagramme.

Comic Sans MS, une police reconnaissable au premier coup d’œil

Malgré un côté fantaisiste qui détonne dans sa catégorie, Comic Sans MS est une police de caractère dite linéale, ou sans empattement.

Cette caractéristique se retrouve d’ailleurs jusque dans son nom, puisque Sans est là pour « Sans serif », et MS, pour « Microsoft ».

Malin, n’est-ce pas ?

Comic Sans MS font : serif vs sans serif
Comic Sans MS est une police sans serif, ou sans empattement, également appelée police linéale. Ce type de police s’oppose aux polices dites avec empattement.

La distinction s’opère selon un critère visuel immédiatement reconnaissable.

  • Les polices serif (avec empattement en français) possèdent de petits « pieds », crochets ou traits décoratifs aux extrémités de leurs caractères.
    Elles renvoient à un design classique, sérieux, et confèrent à la communication un caractère institutionnel symbolique d’une certaine autorité.
    Elles sont aussi très utilisées dans l’édition et la presse écrite, car jugées plus confortables pour la lecture de textes sur le long court.
    Exemples de polices avec empattement : Baskerville, Garamond, Times New Roman, Palatino Linotype
  • Les polices sans serif ne possèdent pas d’empattements. Ainsi, leurs lignes sont droites et nettes.
    Leur aspect est moderne et minimaliste ; leur design épuré, mais accessible.
  • On les utilise volontiers sur le web en raison de leur lisibilité optimisée pour les écrans et de leur côté « percutant ».
    Exemples de polices sans empattement : Arial, Calibri, Futura, Open Sans, Roboto, Tahoma

Si Comic Sans MS est devenue si populaire en un temps record, c’est avant tout parce qu’elle se démarquait des autres polices emblématiques du genre, à l’image de Times New Roman ou Arial. Chaque utilisateur qui se l’appropriait nourrissait le sentiment d’être original, puis, lorsque la machine fut lancée une bonne fois pour toutes, intégré au même groupe social.

Il est donc peu surprenant que les publicitaires l’aient un temps utilisée à tour de bras malgré son manque de praticité sur un plan purement graphique, histoire de surfer sur la vague…

Car, osons l’admettre, Comic Sans MS ne doit pas seulement sa mauvaise réputation à l’ingratitude du temps qui passe et des modes qui changent, mais aussi et avant tout à ses défauts visuels qui frisent la fainéantise.

Espaces inadaptées entre les caractères, épaisseur dysharmonieuse et gestion calamiteuse des courbes sont autant de lacunes qui ne sauteront pas aux yeux des utilisateurs mainstream, mais donneront du fil à retordre aux graphistes qui souhaiteraient y recourir.

Par-dessus tout, l’absence de véritable italique ou gras constitue un argument technique rédhibitoire pour tout professionnel un tant soit peu pointilleux.

Résultat : à partir de la fin des années 2000, Comic Sans MS devient tout à coup boudée par les graphistes, et plus étonnant encore, par le public. On l’associe soudain à un manque cruel de personnalité (oserait-on dire « de caractère »…) et de crédibilité, au langage SMS des adolescents et à la mouvance dite « kikoolol ».

Autant de raisons de passer son chemin… Cependant, faut-il pour autant faire une croix définitive sur cette typographie décriée en toutes circonstances ? Pas nécessairement…

Comic Sans MS : les usages possibles

Comic Sans MS, en dépit de sa réputation assez calamiteuse, possède pourtant des qualités certaines :

  • Elle permet de véhiculer un message que l’on veut informel, léger en annonçant la couleur dès la typographie.
  • Elle évoque une époque bien particulière et, à ce titre, permettrait à une marque qui voudrait l’utiliser de jouer sur le sentiment fédérateur d’une nostalgie partagée afin de toucher une persona d’un profil et d’un âge bien précis, située entre 30 et 45 ans.
  • Elle a le pouvoir de rendre la lecture plus facile aux personnes dyslexiques.
Comic Sans MS, l’amie des dyslexiques ?
De nombreuses études documentées ont montré que les polices avec empattement, malgré leur côté académique et institutionnel, sont plus difficilement décryptables, notamment pour les personnes ayant des difficultés face à la lecture et/ou avec des textes d’une certaine longueur.

À l’inverse, les polices sans empattement sont supposées fluidifier la lecture et le traitement de l’information par le cerveau chez certaines personnes. Parmi elles, les dyslexiques, et notamment ceux touchés par un trouble visuel de désalignement et une cécité aux lignes. Chez ces personnes en particulier, la police Comic Sans MS semble améliorer grandement l’expérience de lecture grâce à ses formes irrégulières et à la distinction plus marquée que la moyenne entre les caractères qui la composent.

Bien sûr, l’information est à prendre avec des pincettes ; il existe différents types de dyslexie, et tous ne sont pas concernés par les mêmes difficultés.

Mais faire preuve d’inclusivité face au handicap n’est jamais un geste superflu, et adapter les polices d’écriture aux spécificités de certains profils peut être incroyablement bénéfique et engendrer des progrès spectaculaires à moindre effort.

À bon entendeur si vous êtes enseignant…

En fait, si Comic Sans MS est tant critiquée, cela est en grande partie dû à une utilisation pas toujours appropriée et à un usage mal considéré au départ.

Évidemment, pour un contenu distrayant, qui cherche à éviter tout formalisme ou cérémonie, Comic Sans MS reste une option à considérer, en particulier si vous cherchez à susciter connivence et nostalgie… et que vous ne souhaitez pas diffuser votre texte à trop grande échelle.

En revanche, pour tout contenu institutionnel ou porteur d’informations importantes et sensibles, mieux vaut s’abstenir… Idem si vous imaginez une police « passe-partout » pour porter votre message, Comic Sans MS étant beaucoup trop clivante et expressive en soi.

Quoi qu’il en soit, le cas Comic Sans MS a le mérite de nous rappeler que faire le choix d’un style typographique plutôt qu’un autre n’est jamais anodin en soi, et que les caractères qui servent à exprimer une idée ont autant d’importance que l’idée elle-même

Un dernier conseil…
… qui s’adresse davantage aux écrivains en herbe qu’aux graphistes et professionnels du marketing.

Puisque l’on parle également écriture créative et narratologie sur ce blog, sachez que Comic sans MS est régulièrement prescrit comme un remède au syndrome de la page blanche, et en particulier lorsque ce dernier touche les auteurs les plus perfectionnistes.
En effet, la volonté de bien faire dès le premier jet peut être paralysante, et engendrer des blocages purement psychologiques, qui ne disent rien de votre talent. Or, le cerveau, qui est une machine somme toute très archaïque, a parfois seulement besoin d’un petit coup de pouce pour franchir l’obstacle.

Changer la police de son logiciel de traitement de texte pour Comic Sans MS, connotée « moche » et « peu sérieuse » dans l’imaginaire collectif, envoie à l’esprit le message que l’on est seulement en train d’écrire un brouillon, et pas le futur best-seller de l’année. Ainsi, les relectures et réécritures incessantes qui vous empêchent d’avancer ont tendance à refluer drastiquement, laissant à votre feu créatif le loisir de se consumer pleinement sans Jiminy Cricket autoritaire pour venir hurler sur votre épaule que Oh-mon-Dieu-ce-n’est-pas-assez-parfait.
Une technique maintes fois répétée, qui a fait ses preuves y compris chez les plus pointilleux…

Après tout, si vous êtes bloqué, que pouvez-vous perdre à essayer ?

 

Citer cet article QuillBot

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Tihay, L. (27 janvier 2026). Comic Sans MS | Une police souvent moquée, mais jamais égalée. Quillbot. Date : 28 janvier 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/polices-decriture/comic-sans-ms/

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Laurine Tihay, BA

Après une licence en lettres et sciences du langage, Laurine, férue de lexicologie et de grammaire, s’est spécialisée dans la correction éditoriale. Également initiée à la narratologie, elle en connaît un rayon sur les techniques d’écriture créative appliquées aux œuvres de fiction et leurs spécificités inhérentes aux littératures de genre.

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