Police sans serif | Laquelle choisir ?
De polices d’écriture, il en existe de toutes sortes : minimalistes ou décoratives, droites ou rondes, fines ou épaisses, rétro ou futuristes… Il suffit de parcourir Internet en naviguant de page en page pour s’en rendre compte : l’offre en la matière est pléthorique et ne cesse de se réinventer.
Parmi les centaines de milliers de polices existantes, l’usage typographique distingue deux grands types de polices : les polices avec empattement (ou serif en anglais) et les polices sans empattement (ou sans serif).
Loin de se cantonner à une simple question de terminologie, la différence entre une police serif et une police sans serif est majeure, notamment au niveau du rendu à l’impression ou sur écran.
Même les sentiments provoqués chez ceux qui la parcourent du regard diffèrent sensiblement, faisant du choix d’une police d’écriture un redoutable levier marketing, encore trop largement sous-estimé. On vous explique tout.
Prenez par exemple la suite d’outils rédactionnels QuillBot : nous proposons un correcteur d’orthographe, capable de pointer avec précision les erreurs de syntaxe et autres scories disgracieuses qui se seraient glissées dans vos textes.
À l’image de nos autres outils phares, il est gratuit, et ses performances n’ont pas à rougir face aux alternatives payantes !
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Qu’est-ce qu’une police sans serif ?
Les professionnels de la typographie et autres graphistes chevronnés identifient deux grands types de forme pour une police :
- les polices avec empattement (serif en anglais),
- et les polices sans empattement (sans serif en français).
La différence entre les deux tient à très peu de choses… ce qui ne signifie pas que ledit « très peu » soit négligeable dans les faits.
Police sans serif vs police serif : quelle différence ?
Chaque police se distingue de ses pairs selon plusieurs critères de forme : la courbe des lettres, leur épaisseur (ou graisse), l’espacement entre les caractères (aussi appelé kerning ou crénage en typographie)… ou encore la présence ou l’absence d’empattements.
Les polices sans serif ne possèdent pas d’empattements au bout de leurs caractères.
De ce fait, à moins d’un problème de résolution ou d’impression, leurs lignes paraissent droites et nettes dès le premier coup d’œil.
L’aspect des polices sans serif est moderne et minimaliste ; leur design épuré, mais accessible.
On les utilise volontiers sur le web en raison de leur lisibilité optimisée pour les écrans.
Aussi, on le sait moins, mais leur forme dite « en bâton » est connue pour faciliter la lecture aux personnes malvoyantes ou atteintes de dyslexie, surtout par rapport aux polices présentant des empattements.
Les polices serif, justement, possèdent de petits « pieds », crochets ou traits décoratifs aux extrémités de leurs caractères.
Elles évoquent immédiatement un design classique, sérieux, et confèrent à la communication un caractère institutionnel, symbolique d’une certaine autorité.
En d’autres termes, les polices avec empattement sont raffinées ; elles « en imposent ».
Les polices serif sont très utilisées dans l’édition et la presse écrite, car jugées plus adaptées à la lecture de textes sur le long court, en particulier sur un support physique.
Polices sans serif : pour quel usage ?
À une certaine époque, celle où l’internet domestique n’existait pas ailleurs que dans les récits de science-fiction et que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, les polices serif dominaient largement l’espace.
En effet, les médias d’information et les textes littéraires étant largement imprimés sur des supports papier avant les années 2000, faute d’écrans interactifs dans les foyers, utiliser des caractères avec empattements coulait de source.
Mais aujourd’hui, la révolution numérique a offert aux polices sans serif une opportunité inespérée de prendre leur revanche, si bien que la donne a nettement tendance à s’inverser.
Ce renversement de monopole, nous le devons d’abord aux écrans (ordinateur, télévision, mais aussi smartphones et tablettes numériques), sur lesquels les polices sans serif sont plus lisibles, plus accessibles, notamment sur des formats de petites tailles. Résultat : moins de fatigue visuelle, et une audience plus large.
Si vous ouvrez un blog ou un site internet, pensez-y, surtout si vous vous destinez à la publication d’articles ou de pages de plus de 500 mots.
Pour autant, même sur support physique, les polices sans serif n’ont pas dit leur dernier mot, et notamment lorsqu’il s’agit de mettre en forme des titres ou des slogans, ou encore de mettre en valeur une identité graphique moderne, tournée vers le minimalisme.
Aussi, une police sans serif classique mais appliquée saura mettre en valeur comme aucune autre les documents de type fonctionnel, à l’instar des CV, les présentations professionnelles, les comptes rendus, les notes de service, les signalétiques et les formulaires de contact. Autant de contextes dans lesquels la fantaisie est proscrite, et où la lisibilité est privilégiée avant tout autre critère…
- dans le cadre de projets créatifs et/ou littéraires (y compris pour mettre en page un manuscrit destiné à être soumis à des maisons d’édition),
- pour créer un logo,
- pour l’impression et la diffusion de textes longs,
- pour tout projet se voulant novateur, porteur d’une identité forte ou avant-gardiste…
Auquel cas, l’image corporate, voire convenue de certaines polices sans serif pourrait vous desservir, jusqu’à nuire à votre intention.
Car la police d’écriture d’un texte ou d’un design n’est ni plus ni moins que l’équivalent d’un vêtement pour la Femme ou l’Homme : chaque style porte un message…
Exemples de polices sans serif
Bien sûr, lorsque l’on songe au concept de polices sans serif, on visualise d’abord les incontournables du genre… qui correspondent souvent aux plus sages.
Sans serif font : les classiques
Le groupe des polices linéales est représenté par un certain nombre de références intemporelles, dont la plupart sont nées avec l’informatique commerciale et les premiers systèmes d’exploitation destinés à un usage domestique.
Si vous avez déjà Word ou un autre logiciel de traitement de texte, vous avez en effet déjà certainement croisé sur votre route :
- Arial,
- Calibri,
- Futura,
- Helvetica,
- Montserrat,
- Open Sans,
- Roboto,
- Segoe UI,
- Trebuchet MS,
- Univers,
- Verdana…
Du plus strict avec Arial au plus géométrique avec Roboto, en passant par la générosité de Montserrat, les styles varient et ne se ressemblent pas tous.
Et malgré leur popularité qui aurait pu les rendre obsolètes très rapidement, ces polices sans serif continuent à être très sollicitées, y compris par les graphistes à la recherche de références connues de tous. Le but assumé ? Éveiller un effet de nostalgie chez un certain public…
Pourtant, malgré son apparence informelle et sa réputation fantasque, propice aux envolées créatives les plus décomplexées, Comic Sans MS est bel et bien une police sans serif.
Certes peu appréciée des graphistes – entre autres pour ses lignes dysharmonieuses et son absence de véritables formes grasse et italique qui la rendent très laborieuse à travailler –, Comic Sans MS demeure, malgré son statut d’outsider, un incontournable.
Elle est, cependant, réservée à des usages bien spécifiques… sous peine de faire un flop.
Celles qui ont le vent en poupe
Même le classique a ses limites, surtout lorsque lesdits monuments de la typographie ont été conçus à une époque où les usages étaient plus limités, notamment sur le plan numérique.
De nos jours, les graphistes, qu’ils soient professionnels ou du dimanche, recherchent d’abord des polices aux lignes épurées, déclinables sous plusieurs formats, largeurs, inclinaisons et épaisseurs pour éviter les limitations dans la mise en page.
C’est exactement la raison pour laquelle des polices sans serif plus récentes, travaillées spécifiquement pour s’afficher clairement et nettement sur tous types d’écrans, battent leur plein en ligne et sur les réseaux sociaux.
Parmi elles, nous pouvons citer :
- Anton,
- Bebas Neue,
- Inter,
- Josefin Sans,
- Lato,
- Manrope,
- Nunito,
- Poppins,
- Raleway,
- Rubik…
Bien choisir sa police sans serif : 3 conseils de pros
Au moment de choisir une police d’écriture pour un usage donné, le critère esthétique est évidemment crucial, car c’est ce qui nous oriente (ou non) vers un coup de cœur.
Mais attention : l’apparence et le rendu général d’une police de caractère ne sont pas les seuls éléments dont il faut tenir compte, au risque de se retrouver le bec dans l’eau…
Voici quelques conseils pour faire le bon choix et éviter les regrets ultérieurs :
- Sélectionner sa police en fonction de son support, avant même de penser « esthétique »
- Si vous savez que votre contenu sera lu sur écran, privilégiez les polices conçues spécifiquement pour le web, et faites pour rester nettes et lisibles en petite taille. À l’inverse, si votre texte ou design est destiné à l’impression, vous pouvez vous permettre des formes plus originales et géométriques.
- Vérifier la richesse des graisses, des largeurs et des espacements.
- Certaines polices ne proposent pas de version grasse (bold) ou oblique (italic). Or, ces deux configurations sont un b.a-ba, et sans elles, vous risquez de vous retrouver très vite limité(e) dans vos actions… En outre, attention à l’espacement : certaines paires de caractères (« TY », « LT », « TA », « VA »…) peuvent, si leur espace n’est pas parfaitement ajustée, devenir difficilement lisibles ou être confondues avec une ligature pour un œil non avisé.
- Vérifier que les jeux de caractères sont complets.
C’est peut-être le point le plus déterminant, a fortiori pour les francophones.
De nombreuses polices, puisqu’elles sont majoritairement conçues par des designers de langue anglaise (laquelle n’utilise que très peu les accents qui sont légion en français) par exemple, n’incluent pas les majuscules et minuscules accentuées (« e » accent aigu, « e » accent grave, « à » accent grave, « c » cédille…), ou encore les signes typographiques spécifiques tels que les guillemets français.
Il suffit de vouloir les citer pour ne plus les trouver, mais les omissions possibles sont légion, et peuvent, si elles ne sont pas questionnées en amont, ruiner plusieurs heures de travail.
Pour vous épargner une déception inutile, n’hésitez pas à utiliser les champs de prévisualisation présents sur de nombreux sites et à les mettre à l’épreuve de tous les caractères spéciaux que vous identifiez comme nécessaires à votre projet…
Installer correctement des polices d’écriture (qu’il s’agisse de fonts gratuites ou de grands noms du genre) requiert de suivre un processus plutôt simple, mais dont les étapes doivent être respectées à la lettre.
De plus, celui-ci diffère selon que vous travailliez sur Windows ou Mac.
Installer une police d’écriture sur Windows 11 :
- Téléchargez le fichier de la police (qui se présente généralement sur la forme d’un fichier .zip ; vous devrez alors le décompresser à l’aide d’un utilitaire dédié tel que WinRar pour en extraire le fichier .ttf ou .otf).
- Faites un clic droit sur le fichier de police (reconnaissable à son extension .ttf ou .otf) et sélectionnez Installer ou Installer pour tous les utilisateurs.
- Pour pouvez aussi faire un glisser-déposer du fichier dans le dossier qui compile toutes les polices installées sur votre ordinateur. Celui-ci est trouvable en suivant le chemin suivant : Paramètres > Personnalisation > Polices.
Installer une police d’écriture sur Mac :
- Téléchargez le fichier de la police au format .ttf ou .otf (il n’y a pas besoin de décompresser les fichiers .zip sur Mac avec un logiciel externe, le système gère cela automatiquement).
- Double-cliquez sur le fichier pour l’ouvrir, puis cliquez sur Installer dans la fenêtre du Livre des polices qui s’affiche.
- Pour pouvez aussi faire un glisser-déposer du fichier dans le Livre des polices, accessible via le Finder, puis dans l’onglet latéral Applications.
N. B. : Sur Windows comme sur Mac, n’oubliez pas de redémarrer votre ordinateur avant de rechercher votre police, sinon elle risque de ne pas apparaître dans la liste.