5 erreurs typographiques à éviter

En communication numérique, les erreurs typographiques peuvent compromettre la lisibilité d’un texte et la clarté d’un message.

Différentes des erreurs de syntaxe, de grammaire ou d’orthographe, les erreurs typographiques relèvent de mécanismes cognitifs à l’œuvre lors de la lecture d’un texte.

Erreurs typographiques
  • l’erreur de saisie (coquille) ;
  • l’interlignage ou l’espacement entre les lignes d’un texte ;
  • la justification ou l’espacement entre les mots d’une ligne ;
  • l’abus de la capitale ;
  • le manque de contraste et d’épaisseur du lettrage ;
  • etc.

La typographie communique un message bien avant le sens des mots qu’elle transforme et qu’elle agence.

Voici cinq erreurs typographiques courantes qui nuisent à la lisibilité d’un texte, quels que soient son support et son public.

À mauvais ouvrier, point de bon outil…
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Que ce soit pour corriger un texte, le reformuler, l’humaniser ou conjuguer le verbe faire à l’impératif, ils vous offrent d’innombrables pistes de réflexion pour éviter la page blanche.

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À l’échelle du caractère

Unité typographique élémentaire, le caractère s’agence en fonction de deux notions complémentaires : le crénage et l’approche.

Le crénage

Le crénage, ou kerning, fait référence à l’ajustement de l’espace entre des caractères, dont les formes respectives ne s’harmonisent pas.

Autrement dit, l’ajustement du crénage augmente ou réduit l’espacement entre certaines paires de lettres, dont le dessin est trop semblable pour être rapidement déchiffré.

Cette considération, loin d’être purement esthétique, améliore nettement la lisibilité des éléments d’accroche, comme les titres, les logos ou tout autre énoncé destiné à attirer l’attention.

Erreurs de crénage
  • Capitales : VA et AL

Explication :

L’espace entre les caractères « V » et « A » n’est pas le même qu’entre les caractères « A » et « L ». Le couple VA présente un interstice qui suit l’oblique des lettres, alors que la paire AL s’agglutine à leur base.

  • Bas de casse : ff, fi, fl et ffl

Explication :

Ces suites de lettres sont particulièrement difficiles à différencier, car leur dessin est très similaire : le point du « i » se confond avec la barre du « f » et le « l » se distingue particulièrement mal après la double consonne.

Lorsqu’il lit une langue maternelle ou parfaitement maîtrisée, l’œil reconnaît le mot dans son ensemble. Une lecture lettre par lettre, celle d’un enfant en cours d’apprentissage par exemple, est très coûteuse en temps et en énergie, car le cerveau doit traiter les informations reçues l’une après l’autre.

Par conséquent, un mauvais crénage complique nettement la tâche de lecture, même chez les lecteurs les plus expérimentés. L’œil doit ralentir sa course pour distinguer influence d’affluence, et ainsi remarquer, ou non, la présence d’un seul « f » au premier…

L’approche

Pour pallier les erreurs de crénage, l’approche, ou tracking, uniformise l’espacement sur l’ensemble des lettres du texte et offre ainsi à l’œil un rapport lettre-espacement plus cohérent.

Ainsi, la réduction de l’approche permet de compresser tout un bloc de texte et de gagner de l’espace, notamment sur une page web.

Erreurs d’approche
  • Bas de casse : rn

Explication :

Trop rapprochés, les bas de casse, ou minuscules typographiques, « r » et « n » peuvent facilement être confondus avec la lettre « m » ou la double consonne « nn ». Une erreur particulièrement dommageable à la lecture du mot corne…

En influant sur la densité du texte, les erreurs de crénage et d’approche augmentent la fatigue oculaire et le taux d’erreur de lecture, et ce, quel que soit le niveau de littératie du lecteur.

Des espaces ni trop larges ni trop étroits équilibrent les suites de caractère, améliorent le rendu visuel et, par conséquent, accroissent la lisibilité d’un texte.

Quand la typographie influence la langue… ou le contraire !
À l’époque de l’imprimerie et de ses caractères en plomb, les lettres crénées possèdent une partie évidée sur le bord du caractère.

La pièce métallique présente une légère entaille pour faire déborder le corps du caractère sur le caractère voisin ou sur le haut du caractère dans le cas d’un accent.

Particulièrement difficiles à fabriquer, les caractères accentués sont aussi extrêmement fragiles : le débord de l’accent casse régulièrement sous la pression mécanique de la presse. Leur coût de remplacement incite les imprimeurs à abandonner rapidement ces capitales accentuées.

Aujourd’hui, l’outil numérique et le rôle grammatical de l’accent en français (A ou à) plaident largement en faveur du rétablissement des diacritiques sur toutes les majuscules.

Aussi, si certaines ligatures, notamment celle de l’esperluette, sont purement esthétiques, d’autres résultent d’un crénage extrême qui, pour pallier un manque de lisibilité, a fini par lier certaines lettres qui ne l’étaient pas.

Ce serait le cas du « ÿ » néerlandais : la double voyelle « i », qui n’avait pas de point à l’époque, a longtemps été imprimée sous la forme « ij ». Le jambage du « j », plus long, permettait de l’opposer au premier caractère, plus court. Le « ÿ » ne serait que la ligature de cette paire « ij », elle-même dérivée de « ii »…

À l’échelle du texte

En typographie, le texte représente un bloc dont la structure repose sur deux éléments essentiels : l’interlignage et la justification.

L’interlignage

L’interlignage, ou leading, correspond à la distance verticale entre deux lignes successives d’un texte. Lorsque l’espacement est trop étroit, l’œil peine à trouver le début de la ligne suivante lorsqu’il balaie la page de droite à gauche.

Perdant le fil du texte et de la lecture, l’œil doit s’arrêter et revenir à la ligne précédente. Ce phénomène se retrouve dans les livres numériques dont le formatage est de mauvaise qualité. Le lecteur a l’impression de voir double et son intérêt s’amenuise à mesure qu’augmente sa fatigue oculaire.

À l’inverse, un interligne trop important brise la fluidité d’un texte. Les lignes ne semblent plus se suivre, elles sont déliées et n’offrent plus l’apparence visuelle d’un bloc et d’une structure uniforme.

Bon à savoir
En typographie, les majuscules sont appelées capitales et les minuscules, bas de casse. Les petites capitales sont des lettres qui reprennent le dessin des capitales, mais dont la taille et la forme se situent entre les deux casses.

La casse d’une lettre correspond à son format, soit sa taille et son dessin, mais fait surtout référence, par métonymie, aux différents compartiments d’une presse, où étaient rangés les caractères nécessaires à l’impression.

Pour maintenir un bon ratio entre la taille de la lettre et celle de l’interligne, les typographes ont adopté un interligne canonique, une sorte de règle d’or qui situe l’interlignage entre 120 % et 145 % de la taille du corps de la police utilisée.

En d’autres mots, l’interlignage repose sur un calcul très strict qui dépend de la taille de la police de caractère. En outre, à police de caractères équivalente, l’interligne ne sera pas le même dans un titre en capitales que dans le corps d’un texte en bas de casse.

La justification

Autre source d’erreur en typographie, notamment en typographie numérique, la justification permet de fixer la longueur d’une ligne d’un texte, en déterminant l’espace nécessaire aux mots d’une phrase.

Lorsqu’une ligne s’étire sur toute la largeur d’une page, elle impose à l’œil et au cerveau d’intenses efforts de lecture et de compréhension. L’œil anticipe un retour à la ligne qui n’arrive pas, et le cerveau perd le fil du message.

À l’inverse, une ligne trop courte hache la lecture et fragmente l’information, ce qui entrave son assimilation.

Erreur de justification
Étonnamment, les erreurs de lectures sont plus courantes
lorsque les lignes sont courtes : l’œil, trop souvent interrompu
par un retour à la ligne prématuré,
lit trop vite et manque de courtes informations,
notamment des adverbes de négation
ou des conjonctions de subordination,
pourtant essentielles à la compréhension.

Une ligne justifiée doit contenir entre 40 et 90 caractères pour ne pas fatiguer l’œil et perdre le fil de lecture.

Ces caractères doivent évidemment bénéficier d’un crénage bien adapté pour ne pas s’étaler sur toute une longueur de ligne. Privilégier de courts paragraphes plutôt que des retours à la ligne trop fréquents facilite la compréhension du texte.

Le contraste

Le contraste typographique joue exactement le même rôle que l’utilisation d’une police foncée sur un fond clair ou qu’un oxymore bien maîtrisé : il attire l’attention.

Appelé face, l’aspect du caractère peut être romain, italique ou gras. L’italique et le gras sont des artifices typographiques permettant la mise en évidence d’un mot ou d’un groupe de mots.

Si l’italique offre une discrète mise en relief, le gras insiste sur une information et hiérarchise les différents éléments d’un texte en leur accordant plus d’importance.

Les caractères gras sont plus épais et donc plus lisibles, mais l’abus de cette face noircit littéralement le texte et obscurcit grandement la hiérarchisation de l’information.

Le lecteur ne perçoit plus la logique derrière le procédé d’emphase et la priorité accordée à certains éléments se perd, tout comme le lecteur, qui ne sait plus quelle information privilégier.

Dans le même ordre d’idée, la capitale est un élément de contraste intéressant, qu’il faut cependant manier avec la plus grande prudence. Techniquement, une capitale ne possède pas de jambage, le trait vertical d’une lettre en dessous ou au-dessus de la ligne sur laquelle elle repose.

Capitales et autres abus typographiques
LE JAMBAGE D’UNE LETTRE CORRESPOND À TOUT TRAIT VERTICAL. DE FAÇON PLUS SPÉCIFIQUE, ON DISTINGUE DEUX TYPES DE JAMBAGE :

  • les lettres « b », « d », « f », « h », « k », « l » et « t » possèdent un jambage supérieur, soit la partie ascendante qui dépasse de la lettre elle-même.
  • les lettres « g », « j », « p », « q », ainsi que la semi-voyelle « y », possèdent, elles, un jambage inférieur, la partie descendante sous le corps de la lettre.

En plus de prouver le manque de lisibilité liée à une utilisation inappropriée du gras, l’exemple ci-dessus permet de comparer la forme des lettres. Le jambage est complètement absent des capitales.

Lorsqu’il lit, l’œil reconnaît d’emblée une silhouette spécifique, celle du mot. Le contraste offert par l’association de jambages supérieurs et inférieurs permet d’identifier ce mot nettement plus rapidement que lorsque sa forme est dissimulée sous des capitales dont le jambage est uniforme.

La vitesse de lecture de la première phrase de l’exemple, celle dont les mots sont typographiés en capitales et en gras, chute de 10 à 20 % par rapport aux phrases de la liste à puces.

Écrites en bas de casse, ces dernières possèdent trois faces différentes, appliquées à des endroits stratégiques, offrant une mise en valeur pertinente de l’information transmise.

Bon à savoir…
Souvent négligé, le contraste chromatique n’est pas simplement de l’esthétisme : c’est un atout pratico-pratique.

Sur un écran, un texte clair sur fond blanc est illisible. La clarté du jour et les reflets des sources lumineuses alentour empêchent tout lecteur, même les mieux équipés (que ce soit en matière d’acuité visuelle ou de technologie), de lire le texte.

De plus, un texte blanc sur fond noir donne une impression de bavure : les traits sont empâtés, comme si l’encre s’échappait de la lettre. Ce halo diffus autour des caractères entraine une fatigue oculaire importante.

Ainsi, l’absence de contraste chromatique ou un mauvais pairage chromatique nuit grandement à la lisibilité d’un texte sur écran. Ce détail est loin d’être anodin : aujourd’hui, plus 70 % du temps de lecture quotidien s’effectue sur un écran de téléphone.

Enfin, si le caractère se confond souvent avec la lettre, le signe ou l’absence de signe sont aussi des caractères typographiques. En somme, les signes de ponctuation et les espaces insécables qui les entourent participent, autant que les lettres, à la compréhension du message.

De fait, l’espace typographique fait entièrement partie de ce phénomène de contraste. Son rôle premier est de séparer les mots, mais elle sépare également les signes des lettres. Son absence perturbe d’ailleurs grandement la lisibilité d’un texte.

L’espace typographique
Ilexistedeuxtypesd’espacetypographiques:l’espaceinsécableetl’espacesécable.

  • L’espace insécable empêche, par exemple, un guillemet fermant de se retrouver isolé en début de ligne.
  • L’espace sécable marque la césure entre deux mots et permet le retour à la ligne.

Historiquement, il existe différentes largeurs d’espaces : les espaces fines, moyennes, larges ou fortes.

De fait, le point-virgule est techniquement précédé d’une espace fine insécable, suivi d’une espace large. Si l’ère du numérique a rendu obsolètes ces considérations techniques, les espaces insécables restent indispensables à une rédaction claire et précise.

L’absence d’une espace attendue avant ou après un signe de ponctuation rompt le rythme de lecture. Qui plus est, la présence de guillemets anglais (” “) en lieu et place des chevrons français (« ») est considérée, par les professionnels du métier, comme une erreur de syntaxe, faisant référence à la syntaxe visuelle d’un texte, l’ordre de ses éléments.

Si ces erreurs typographiques sont les plus courantes, elles sont aussi les plus graves parce qu’elles nuisent grandement à la lisibilité d’un texte. Elles sont souvent considérées par le lecteur lui-même comme un manque de considération à l’égard de son temps et de son intelligence.

Au-delà des aspects esthétiques ou sémantiques, la typographie demeure une arme de persuasion massive : l’art d’organiser de façon rigoureuse les différents éléments d’un texte pour en suggérer la pertinence.

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QuillBot. (26 janvier 2026). 5 erreurs typographiques à éviter. Quillbot. Date : 28 janvier 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/typographie/erreurs-typographiques-a-eviter/

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