Lettre A | Le A de A à Z…
Issue de l’alphabet grec, la lettre A est commune à de nombreuses langues et figure en pôle position de l’alphabet français. Symboliquement, cette première place lui confère un statut particulier, synonyme de perfection.
Du symbole de l’ampère au préfixe privatif, du a ouvert au a ligaturé, de l’arobase entourée à la préposition accentuée, voici la lettre A dans tous ses états…
En plus d’afficher les caractères invisibles ou de convertir et d’éditer des PDF, l’IA de QuillBot s’occupe de tout, sauf peut-être de faire le café. Pourtant, on n’a pas encore trouvé meilleur remède pour éviter de tout prendre… au pied de la lettre !
Lettre A : typographie
En typographie, une lettre est un dessin, et la forme triangulaire du A n’y fait pas exception. Historiquement, le A viendrait d’un hiéroglyphe égyptien représentant une tête de bœuf.
Dans l’alphabet phénicien, la tête stylisée est tournée sur le côté. Cette rotation incline sur la droite les cornes du bœuf, lesquelles pointeront progressivement vers le bas dans les alphabets grec et latin. Si les Grecs la prononcent alpha, c’est aux Étrusques et aux Romains qu’elle doit son nom actuel.
Écrites « α » et « ω », ou « A » et « Ω », les lettres ioniques désignent à la fois le commencement et la fin, et tout ce qui se trouve entre ces deux pôles, soit la totalité d’un élément donné.
Cette locution, de registre soutenu ou de connotation religieuse, possède un synonyme plus neutre et moins formel : de A à Z.
Équivalent sémantique, typographique, symbolique et proprement physique de l’expression, la forme de a à z juxtapose la lettre « a » et la préposition « à », et affiche fièrement la couleur de son accent…
Le A majuscule
Appelée capitale en typographie, la majuscule de la lettre A forme un triangle composé de deux obliques et d’un court trait les joignant par le milieu.
Associée à d’autres obliques (comme le « V » ou le « W »), la capitale typographique doit faire l’objet d’un crénage particulier pour améliorer sa lisibilité.
Le a minuscule
Appelée bas de casse, la minuscule de la lettre se décline en deux versions. Dans les faits, seuls l’alphabet phonétique international (API) et les linguistes utilisent cette distinction de forme, car elle induit une différence de prononciation.
Dans la pratique, l’outil numérique a en quelque sorte fixé la forme du dessin sous les traits du « a ». Toutefois, certaines typographies plus ludiques (comme Comic Sans MS) privilégient la forme « ɑ », plus proche de l’écriture manuscrite.
Au Moyen Âge, les moines copistes l’utilisent dans les manuscrits pour abréger le mot latin ad, locution locative signifiant « à », « vers » ou « chez ».
À la même époque, les Espagnols et les Portugais utilisent l’arroba, une unité de mesure utilisée par les commerçants arabes. Le symbole, placé après les chiffres — arabes, eux aussi —, indique le poids de la marchandise et par conséquent son prix, d’où son autre nom de a commercial.
Ce signe abréviatif manuscrit devient, dès les débuts de l’imprimerie européenne, un signe typographique. Le caractère, et le rond qui l’entoure, ne peut être imprimé que dans une casse inférieure, appelée bas de casse. Il aurait ainsi porté le nom de a rond bas de casse.
De l’arroba à l’arobase, il n’y a qu’un pas… effectué par Ray Tomlinson, en 1971. L’inventeur du courrier électronique, mieux connu sous le nom d’email en français — ou de courriel en bien plus français —, utilise l’arobase pour séparer le nom de l’utilisateur du nom de domaine.
Le choix n’est ni technique ni esthétique, il est avant tout pratique et sémantique. Le caractère, jamais utilisé dans les noms propres et signifiant « à » ou « chez », est véritablement l’équivalent de l’adresse postale. L’arobase reprend ainsi du service pour délivrer ses messages, désormais immatériels.
Lettre A : phonétique
Deuxième lettre la plus utilisée du français, le A est également l’une de ses cinq voyelles graphiques. Toutefois, en phonétique, cette voyelle possède deux graphies spécifiques parce qu’elle produit deux sons différents.
Le a antérieur
Voyelle dite ouverte, le « a » antérieur, noté [a] en API, est prononcé sur l’avant de la langue. Très fréquent en français, ce son est utilisé dans la majorité des mots et par tous les francophones.
Le ɑ postérieur
À l’inverse, le « a » postérieur, noté [ɑ] en API, se produit sur l’arrière de la langue, elle-même massée à l’arrière de la bouche. S’il peut parfois correspondre à la graphie « â », dans pâte par exemple, il n’est pas toujours marqué par l’accent circonflexe.
Le « ɑ » postérieur, ou fermé, est en effet un trait caractéristique de certains francophones. Par exemple, bon nombre de locuteurs québécois prononcent le mot Canada, noté [kanadɑ], avec deux « a » antérieurs suivi d’un « ɑ » postérieur.
Ce trait phonétique se retrouve également chez certains locuteurs du nord-est de la France, notamment en finale de mot (repɑs), mais s’amenuise chez les nouvelles générations.
Le a nasalisé
À ces voyelles graphiques et phonétiques, s’ajoutent les voyelles nasales et les diphtongues. Des mots comme enfant, ambiance ou faon possèdent des nasales identiques bien que chaque forme graphique soit très différente les unes des autres.
En API, ces nasales sont notées à l’aide d’un diacritique, un tilde exactement, sur le « a » antérieur, soit [ã]. Ce diacritique correspond à une prononciation nasalisée que l’on retrouve notamment en portugais.
Le nom propre São Paulo prononcé par un lusophone présente deux diphtongues introduites par la lettre « a ». Si la première est nasale [ão], la deuxième [au] possède deux timbres différents, mais non nasalisés.
Lettre A : lexique
Dans les langues latines, la lettre A est partout, ou presque. Cette omniprésence lexicale n’est pas sans conséquence : l’homonymie de ses formes est à l’origine d’une des erreurs grammaticales les plus conspuées de l’histoire du français…
La forme verbale a
Forme verbale conjuguée du verbe avoir, le « a » sans accent combine à lui seul radical et terminaison verbale, celle de la troisième personne du singulier au présent de l’indicatif. Un titre plus qu’honorable pour une seule petite lettre !
La préposition à
Pour distinguer la forme verbale variable de la forme prépositionnelle invariable, un signe diacritique a été ajouté sur la préposition. Au vu de la confusion que sème cet accent grave chez les locuteurs, on est en droit de se demander si l’objectif est réellement atteint…
Le QuillBlog, notamment l’article sur la graphie a ou à, est une mine d’informations qui répondra à toutes vos questions dans les règles de l’art… enfin surtout celles de la grammaire en l’occurrence, un art plutôt abstrait, résolument humain et parfaitement imparfait !
Le a circonflexe
Autre forme accentuée, le « a » circonflexe ne possède plus qu’une fonction étymologique. Il témoigne de la disparition du « s » graphique et phonétique après certaines voyelles latines, notamment le « a » de château (castellus), le « e » de forêt (forestis), le « i » de île (isula) ou le « o » de hôpital (hospitalis).
Ainsi, des mots tels que pâte, du latin pasta, ou gâteau, écrit gasteau jusqu’au XVIe siècle, gardent la trace de cette lettre étymologique, prononcée et écrite, mais abandonnée en moyen français. Un abandon toutefois très aléatoire comme le prouvent baston et bastonnade, des mots de la même famille que bâton.
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de A à Z : du début à la fin
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Il faut revoir la matière de A à Z.
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démontrer/prouver par a plus b :
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Je vais lui démontrer par a plus b qu’il a tort.
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ne savoir ni a ni b :
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Il ne sait jamais ni a ni b des sujets abordés en réunion.
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Enfin, l’accent circonflexe n’est pas simplement un vestige étymologique, mais également un vestige phonétique. Historiquement, la prononciation du « â » est tout aussi fermée que celle « a » postérieur, mais elle est surtout plus longue, par opposition à des syllabes plus courtes.
En français moderne, ce phénomène est nettement moins marqué qu’en latin (ou qu’en anglais), mais il subsiste de manière très subtile chez certains locuteurs, notamment ceux qui font la différence phonétique entre le « a » ouvert (antérieur) et le « a » fermé (postérieur).
Le a préfixe privatif
En morphologie, le préfixe « a- » est dit privatif, car il exprime la privation ou la négation. Non autonome (contrairement à anti- ou avant), ce préfixe s’ajoute au radical pour former un mot de sens contraire.
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normal = anormal
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moral = amoral
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social = asocial
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symétrique = asymétrique
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typique = atypique
D’autres sens sont associés au préfixe « a- », notamment celui de transformation ou de mutation. Associé à un substantif, il ajoute à l’action exprimée l’idée de faire devenir et en modifie la catégorie grammaticale, ou classe grammaticale.
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battre = abattre
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lune = alunir
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mener = amener
Aussi, le doublement des consonnes est un phénomène graphique qui intervient souvent après le préfixe « a- ».
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coller = accoler
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porter = apporter
Il faut néanmoins noter que tous les mots commençant par la lettre « a » ne sont pas nécessairement composés du préfixe « a- ».
Lettre A : symbolique
La première lettre de l’alphabet est également utilisée comme symbole mathématique. Il s’agit de la première variable des équations et des fonctions affines, décrites par une équation algébrique linéaire (y = ax + b).
Également utilisée dans les graphiques comme coefficient directeur, elle est toujours notée « a » minuscule lorsqu’elle remplit une fonction algébrique.
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A : symbole et unité de mesure de l’ampère (ex. : 100 mA),
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A : symbole des formats de feuilles de papier (normes ISO ; ex. : A4),
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a : unité de mesure de l’are (superficie),
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a : unité de mesure de l’année (al = année-lumière).
Sa pôle position dans l’alphabet lui confère une symbolique particulière, celle de la perfection.
En Amérique du Nord, la majuscule est synonyme d’excellence dans les barèmes de notation. C’est la note la plus élevée d’un résultat scolaire, parfois associée à un autre symbole, le +, pour en augmenter la dimension symbolique (A+).
D’ailleurs, dans le monde financier, cette majuscule est triplée lorsqu’elle correspond à la note maximale accordée à un État jugé capable de rembourser sa dette.
Le fameux triple A reflète ainsi, trois fois plutôt qu’une, le degré de confiance que les institutions financières accordent à certains gouvernements.
De façon plus générale, elle correspond aussi au groupe sanguin contenant uniquement l’antigène A. Les donneurs de ce groupe sont d’ailleurs très appréciés, car ils peuvent donner leur sang aux personnes de groupe A et de groupe AB.
De la médecine à la grammaire, des hiéroglyphes aux marchés financiers, la lettre A, majuscule ou minuscule, joue un rôle capital dans notre environnement visuel, invariablement lié à notre expérience sensible du monde.
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Charrin, A. (26 février 2026). Lettre A | Le A de A à Z…. Quillbot. Date : 26 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/lettres-de-lalphabet/lettre-a/


