A contrario | Définition
Au chapitre des locutions latines que l’on utilise le plus en français, a contrario n’aura pas pu vous échapper.
On l’utilise surtout dans le langage courant, ou en droit, où elle prend un sens légèrement plus spécifique.
Employée en tant que synonyme littéral des locutions À l’inverse ou Au contraire, a contrario prend sa source dans le latin scolastique et juridique.
Ayant largement dépassé son champ sémantique d’origine, elle fait aujourd’hui partie des mots de vocabulaire courants en français.
Cependant, a contrario continue à occuper les manuels juridiques, et notamment ceux qui traitent d’un sujet en particulier : l’interprétation de la règle de droit.
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A contrario : définition générale
A contrario est une expression latine qui signifie littéralement « par le contraire ».
Elle vient qualifier un raisonnement qui, partant d’hypothèses opposées, aboutit à des conséquences opposées.
Autrement dit, on l’emploie pour désigner un raisonnement par opposition.
si une règle vient affirmer que telle conséquence s’applique dans un cas précis, alors on peut en déduire que l’inverse est valable pour les cas non prévus.
Exemple de raisonnement par opposition :
Une université fait figurer dans son règlement intérieur que seuls les étudiants inscrits et s’étant acquittés de leurs frais de scolarité peuvent se présenter aux examens de fin de semestre.
Bien que le contraire ne soit pas mentionné explicitement, cela implique que les personnes qui ne sont pas inscrites à l’université ou ne se sont pas acquittées de leurs frais de scolarité sont interdites de se présenter aux examens de fin de semestre.
Il s’agit d’un cas typique de raisonnement a contrario.
De nos jours, hors contexte juridique ou formel, a contrario est employé en tant qu’adverbe, au sens de « au contraire », « à l’inverse ».
On le place le plus souvent en apposition de la proposition principale d’une phrase.
- Tu peux déposer ton téléphone ici. A contrario, tu devras garder tes clefs avec toi.
- Ella déteste les romans épistolaires. A contrario, elle adore lire du polar.
- Les chiens sont très fidèles. A contrario, les chats peuvent paraître plus indépendants, mais ils n’en sont pas moins affectueux.
A contrario : synonyme
Si utiliser une locution latine vous semble quelque peu superfétatoire ou pompeux (bien que celle-ci relève plutôt d’un registre courant), plusieurs synonymes peuvent venir se substituer à a contrario.
Il s’agit de :
-
au contraire (qui fait office de traduction littérale),
-
à l’inverse,
-
inversement,
-
d’un autre côté…
-
Quand je me sens vraiment triste, je me mure dans le silence le plus mutique. A contrario, je suis incapable de verser la moindre larme…
-
Quand je me sens vraiment triste, je me mure dans le silence le plus mutique. À l’inverse, je suis incapable de verser la moindre larme…
A contrario en droit
A contrario tire ses origines du droit antique, où l’on parlait déjà de raisonnement a contrario (ou d’argumentum a contrario).
Elle indique clairement que les citoyens français de 18 ans ou plus peuvent exercer le droit de vote.
La conséquence inverse n’est pas explicitée, et pourtant, on la devine de fait. Ainsi, c’est grâce à un raisonnement a contrario que la loi n’a pas besoin d’inscrire que les citoyens français âgés de moins de 18 ans ne peuvent pas exercer leur droit de vote.
On peut résumer le principe du raisonnement a contrario en ces termes :
Si une loi dispose que A s’applique dans le cas de X, alors on peut en déduire que non-A s’applique dans le cas de non-X.
C’est là une faute de lexique et un contresens majeurs, dont les étudiants en droit apprennent à se défaire dès leurs premiers pas à la faculté. Sans quoi, ils risquent de se voir appliquer une sanction sévère en cas d’utilisation pendant leurs partiels ou en travaux dirigés…
En vérité, la loi – ainsi que les décrets ou les codes – dispose, prévoit, interdit ou condamne… mais elle ne stipule pas.
Seuls les contrats ou les conventions, négociés et formalisés entre plusieurs parties, ont le pouvoir de stipuler,
En effet, le nom commun stipulation désigne littéralement une condition fixée dans un contrat.
Le droit est une matière complexe, riche, qui s’adapte en permanence à la société dont il régit les usages.
Par exemple, il y a dix ans, aucun législateur ne se posait la question de légiférer sur l’utilisation des intelligences artificielles génératives et sur ses incidences en matière de propriété intellectuelle… puisque l’IA générative n’existait pas (en tout cas, pas pour le grand public).
Or, trancher une nouvelle question en droit prend du temps, et en attendant, le raisonnement a contrario permet d’apporter des réponses, au moins partielles, à des problèmes juridiques soulevés.
De plus, malgré des apports continus, les textes de loi et les jurisprudences, déjà denses par nature, se doivent d’être concis. De ce fait, le raisonnement a contrario permet de réduire les situations citées afin d’éviter une surcharge inutile de mentions.
Si l’on reprend l’exemple de l’âge auquel le droit de vote est concédé pour un citoyen français, un raisonnement a contrario appliqué à l’interprétation de la règle de droit concernée permet d’éviter d’écrire dans le texte de loi « N’ont pas accès au droit de vote les citoyens français qui n’ont pas 18 ans révolus, soit les personnes de 17, 16, 15, 14, 13, 12 […] ans ».
Il ne s’agit pas d’une omission ou d’une imprécision involontaire, mais d’une synthèse qui s’appuie sur l’esprit déductif humain.
On oppose le raisonnement a contrario au raisonnement par analogie, aussi appelé raisonnement a pari.
A contrario : orthographe
À l’oral, le problème ne se pose pas, mais lorsque l’on souhaite employer une locution latine à l’écrit, deux paramètres typographiques doivent faire l’objet d’une attention particulière :
-
l’usage de l’italique,
-
la présence (ou l’absence) de tiret entre les éléments de ladite locution.
A contrario ne déroge pas à la règle. Néanmoins, dans le cas présent, on peut ajouter une troisième interrogation aux deux premières : doit-on écrire a contrario avec ou sans accent grave ?
À contrario ou a contrario ?
À première vue, la réponse à cette question a de quoi laisser celui qui la reçoit interloqué : les deux. Heureusement, il existe une explication…
Dans les faits, la forme originale de la locution latine a contrario s’écrivait — et s’écrit toujours — sans accent grave sur la lettre « a » initiale.
Néanmoins, une forme francisée de la locution existe : à contrario, et elle n’a rien d’une faute.
De plus en plus utilisée, son existence est légitimée de façon tacite par la réforme de l’orthographe de 1990, qui recommande que les mots empruntés à un lexique étranger suivent les règles des mots français… du moins en théorie.
En réalité, il n’est fait aucune mention explicite de a contrario ou de toute autre locution latine construite sur le même schéma (a fortiori, a minima, a priori, a posteriori…) dans leurs rapports.
Les dictionnaires eux-mêmes oscillent régulièrement entre les deux orthographes au fil des nouvelles versions.
Mais alors, comment savoir quelle orthographe adopter ?
Si ni l’une ni l’autre ne saurait être réellement considérée comme fautive de nos jours, nous vous recommandons de privilégier l’orthographe traditionnelle a contrario, pour la simple et bonne raison que la préposition à en français est différente de la préposition latine a (ab), et que cette position vous évitera toute confusion avec la règle a/à, déjà complexe à appréhender.
Vous avez alors juste à vous rappeler que, « si c’est latin, on ne met pas d’accent » !
-
- Orthographe recommandée, conforme aux origines latines de la locution
à contrario
-
- Orthographe francisée, acceptée mais moins cohérente sur le fond
A contrario : italique ou non ?
Si l’on opte pour la version originale sans accent, a contrario, bien que rentrée dans le langage courant, s’écrit toujours en italique.
On écrira donc « a contrario », mais « à contrario ».
Cette règle typographique tacite permet de marquer la différence avec la version francisée de la locution (celle avec accent), que l’on peut écrire, quant à elle, avec des lettres droites.
- J’ai fini mon roman. A contrario, je dois encore finir de lire ce magazine.
- J’ai fini mon roman. À contrario, je dois encore finir de lire ce magazine.
De l’absence de tiret à a contrario
Dans la même veine que d’autres locutions latines construites sur le même modèle binaire (de facto, in situ, statu quo, stricto sensu…), a contrario n’échappe pas à cette tendance naturelle que l’on a d’ajouter aux locutions latines utilisées en français moderne un trait d’union entre les mots qui la composent.
Pourtant, il s’agit là d’une erreur, et la règle en vigueur ne souffre aucune exception : a contrario ne prend jamais de tiret, ni dans sa version traditionnelle ni dans sa version francisée.
- Jouer d’un instrument de musique demande du temps et un apprentissage soutenu. A contrario, faire de la politique est à la portée du premier imbécile venu.
- Jouer d’un instrument de musique demande du temps et un apprentissage soutenu. A-contrario, faire de la politique est à la portée du premier imbécile venu.
Orthographe alternative :
- Jouer d’un instrument de musique demande du temps et un apprentissage soutenu. À contrario, faire de la politique est à la portée du premier imbécile venu.
- Jouer d’un instrument de musique demande du temps et un apprentissage soutenu. À-contrario, faire de la politique est à la portée du premier imbécile venu.
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Tihay, L. (27 février 2026). A contrario | Définition. Quillbot. Date : 27 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/locutions-latines/a-contrario/