Il était une fois… le conte | Genre littéraire
Sûrement est-ce sans le savoir le tout premier genre littéraire que vous ayez exploré à l’école, ou sous les draps de votre lit d’enfant au creux de la nuit, à la lumière d’une lampe torche.
Toutefois, écartons d’emblée tout malentendu : le conte n’est pas nécessairement un genre réservé aux enfants. Il y en a pour toutes les tailles, et pour tous les goûts.
- Blanche-Neige et les sept nains,
- Boucles d’or et les Trois Ours,
- Hansel et Gretel,
- La Princesse au petit pois,
- Le Petit Chaperon rouge,
- Les Trois Petits Cochons,
- Poucette,
- Raiponce…
Il était une fois… un genre littéraire mal connu, et plus sombre que vous ne le croyez.
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Je retiens
- Le conte est un genre narratif de tradition orale, devenu en France genre littéraire à partir du XVIe siècle, lors de son passage à l’écrit.
- Qu’il s’adresse aux enfants ou aux adultes, le conte possède une fonction morale et didactique.
- De nombreux contes commencent par la formule consacrée Il était une fois…, mais ce n’est pas une règle figée dans le marbre.
- Le conte de fées (aussi appelé conte merveilleux) n’est qu’un des nombreux sous-genres que comprend le conte (conte musical, conte classique, conte philosophique…).
- De nombreux contes sont anonymes (sans auteurs connus).
Le conte : définition d’un genre littéraire
Le conte est un genre narratif et littéraire qui déroule des histoires mettant en scène des personnages confrontés à une aventure, une épreuve ou une situation extraordinaire.
Ces histoires sont généralement courtes, par commodité et tradition, mais rien n’empêche en théorie d’écrire des contes longs.
Un soir, par un temps affreux, éclairs et tonnerre, cascade de pluie que c’en était effrayant, on frappa à la porte de la ville et le vieux roi lui-même alla ouvrir.
C’était une princesse qui était là dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l’air dans cette pluie, par ce temps ! L’eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon… et elle prétendait être une véritable princesse !
“Nous allons bien voir ça,” pensait la vieille reine, mais elle ne dit rien. Elle alla dans la chambre à coucher, retira la literie et mit un petit pois au fond du lit ; elle prit ensuite vingt matelas qu’elle empila sur le petit pois et, par-dessus, elle mit encore vingt édredons en plumes d’eider.
C’est là-dessus que la princesse devrait coucher cette nuit-là.
Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.
“Affreusement mal,” répondit-elle, “je n’ai presque pas fermé l’œil de la nuit. Dieu sait ce qu’il y avait dans ce lit. J’étais couchée sur quelque chose de si dur que j’en ai des bleus et des noirs sur tout le corps ! C’est terrible !”
Alors, ils reconnurent que c’était une vraie princesse puisque, à travers les vingt matelas et les vingt édredons en plume d’eider, elle avait senti le petit pois. Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d’une authentique princesse.
Le prince la prit donc pour femme, sûr maintenant d’avoir une vraie princesse et le petit pois fut exposé dans le cabinet des trésors d’art, où on peut encore le voir si personne ne l’a emporté.
Et ceci est une vraie histoire. »
(Hans Christian Andersen, La Princesse au petit pois — 1835)
La plupart du temps, le conte s’inscrit dans un univers merveilleux, animé par des personnages magiques et/ou flamboyants (sorcière, dragon, prince(sse), lutin…), voire des animaux anthropomorphes, c’est-à-dire auxquels on attribue des caractéristiques humaines telles que le sens de la parole.
C’est évidemment une chose impossible dans le monde réel.
Vous trouverez plus bas la liste des différents sous-genres du conte pour vous faire une meilleure idée de la richesse et de la diversité que ce genre a à offrir.
Derrière des récits qui peuvent paraître tout à fait anodins, les contes sont porteurs d’une signification profonde et d’une morale, plus ou moins sciemment dissimulée par son auteur ou son conteur.
Mais ce qui le distingue des autres genres narratifs et qui lui donne son ton si singulier, reconnaissable entre mille et à même de captiver n’importe quel enfant un peu curieux, le conte le doit avant tout à ses origines…
Il était une fois le conte (histoire du genre)
Impossible de comprendre l’essence même du conte sans parler de la tradition orale qui l’a fait naître. Car oui, avant de se répandre à l’écrit pour mieux traverser les siècles et toucher des publics de plus en plus larges, le conte fut d’abord un genre oral.
Il faisait alors partie du folklore d’une culture et était partagé par des conteurs, amateurs le plus souvent. Les histoires circulaient de bouche à oreille bien avant d’être recueillies par des écrivains, lors de veillées, de cérémonies ou de rassemblements.
Dans l’Antiquité, de premières formes de littérature semblables au conte font leur apparition sur le papier. Le mythe de Psyché et Cupidon, par exemple, est raconté au milieu du roman d’Apulée Les Métamorphoses sous la forme d’un conte merveilleux à l’intérieur même de la narration.
Puis le Moyen Âge célèbre les récits populaires et découvre des contes venus du Moyen-Orient, de Perse et d’Inde, dont ceux du célèbre recueil Les Mille et Une Nuits.
Le tournant majeur s’opère réellement au XVIIe siècle, où le conte opère sa mue et se veut plus littéraire que jamais.
En 1697, Charles Perrault fait paraître son recueil Histoire ou contes du temps passé, au sein duquel il adapte et fixe à l’écrit des récits populaires qui circulaient déjà.
Au XIXe siècle, c’est au tour des frères Grimm (Jacob et Wilhelm), linguistes allemands, de collecter des récits existants à travers l’Europe pour les coucher sur le papier.
Quant au Danois Hans Christian Andersen, il se distingue en inventant ses propres histoires pour créer des contes (La Petite Sirène, La Reine des neiges…). Grâce à lui et quelques autres, le conte devient un véritable genre d’auteur.
Vous l’aurez peut-être remarqué, les contes les plus connus possèdent plusieurs versions. On parle des « contes de Grimm », des « contes de Perrault », des « contes d’Andersen », en sachant que certains de ces contes adaptent la même histoire, qui appartenait déjà au patrimoine populaire.
A contrario, il est de nombreux contes (orientaux et africains, notamment) dont on ne connaît pas les auteurs, et dont il est difficile de retracer l’origine.
Pour se faire entendre, ils se mirent à chanter :
“Adaunia Nomba
Dauni Nomba yôyé
Dauni Nomba
Inden sanga nomba kôyé
La vie d’ici
Quelle vie ici !
La vie est aux enchères !”
Dieu ne répondit pas. Alors ils décidèrent d’aller directement voir Dieu pour qu’il les guérisse.
La poule contesta :
— Mes amis, ne dépassons pas les bornes ! Dieu ne va plus tarder. En agissant comme
vous envisagez de le faire, nous allons le mécontenter. Pourquoi nous presser ?
Le vautour et le calao n’écoutèrent pas la poule et partirent au ciel de leur vol lourd.
Tandis qu’ils montaient de plus en plus haut, Dieu arriva et guérit la poule. Depuis ce jour, le vautour est resté chauve et le calao a un bec tordu.
À présent, ils continuent à planer dans les airs à la recherche de Dieu. »
(Conte malien des Trois amis)
D’Andersen à nos jours, la popularité du conte ne s’est jamais démentie. Il fait même l’objet d’études approfondies, à la fois sur les plans technique et psychologique.
En 1928, Vladimir Propp, qui a longuement étudié la structure des contes merveilleux, tire de ses analyses un essai de narratologie resté mythique, Morphologie du conte. Il y décortique les mécaniques narratives à l’œuvre dans le conte et identifie un schéma de construction type.
Quant à Bruno Bettelheim, psychologue américain connu mondialement pour ses écrits sur le développement de l’enfant, son Psychanalyse des contes de fées s’appuie sur la pensée de Freud pour analyser les symboles présents dans certains contes merveilleux. Ce faisant, il défend l’idée que les contes traditionnels peuvent aider les enfants à surmonter leurs peurs et leurs conflits intérieurs. Aujourd’hui controversé sur certains aspects, son travail a influencé durablement la psychologie infantile.
Au XXIe siècle, le genre continue de faire des émules et, en guise de clin d’œil à ses origines, s’incarne sous de nouvelles formes très diverses : littérature jeunesse, bande dessinée, jeux vidéo, spectacles de conteurs… et bien sûr, le septième art et le cinéma d’animation.
La plupart des grands classiques Disney sont en effet des adaptations de récits beaucoup plus anciens et puisent dans le patrimoine narratif européen.
Toutefois, parler d’adaptation n’est pas aussi juste que de dire qu’il s’agit de véritables réécritures.
Chez Disney, la violence des contes originaux est largement adoucie, et la romance, au contraire, exacerbée. Lorsqu’on connaît le public cible de leurs films d’animation, un tel parti-pris n’a guère besoin de se justifier longuement…
Prenez Blanche-Neige par exemple. La version publiée par les frères Grimm en 1812 est bien plus sombre que la version édulcorée de Disney…
La reine demande certes bien à un chasseur de tuer Blanche-Neige, mais également de lui ramener ses poumons et son foie… pour les cuisiner. Et bon appétit, bien sûr !
Si ce soupçon de cannibalisme vous a donné la nausée, pas d’inquiétude, la véritable fin de la méchante matriarche vengera votre estomac : dans le conte de Grimm, la reine est forcée de porter des souliers de fer chauffés à vif au mariage de Blanche-Neige et du prince, et de danser avec jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sympa, l’ambiance…
Quant au romantisme, lui aussi occupe une place largement remaniée : dans la version originale, une fois empoisonnée par la fameuse pomme, Blanche-Neige n’est pas réveillée par un baiser du prince, mais parce que les serviteurs de ce dernier, qui transportaient le cercueil de la jeune fille, ont trébuché, délogeant ainsi le morceau de pomme coincé dans sa gorge.
Gageons que pour faire avaler aux petites filles les couleuvres du patriarcat, la mouture Disney était tout de même beaucoup mieux pensée…
Les caractéristiques du conte
Hormis sa tradition orale et son format généralement court, plusieurs éléments permettent d’identifier un conte lorsqu’ils se combinent les uns aux autres :
- À l’oral comme à l’écrit, il débute souvent sur un complément circonstanciel de temps ou de lieu du type « Jadis », « Au siècle premier », « Dans une contrée lointaine », « Au cœur du plus beau royaume du monde », sans bien sûr oublier l’éternel et indétrônable « Il était une fois ».
(Incipit du Petit Chaperon rouge, version de Charles Perrault)
- Même au-delà des premières lignes, l’espace-temps et l’espace-lieu, lorsque l’on dispose d’un contexte, demeurent vagues, décrits par des formules génériques. De ce fait, un maximum de place est laissé à l’imagination du lecteur/auditeur.
- Les personnages du conte sont archétypaux et plus souvent décrits par leur fonction (« la princesse », « la sorcière », « la marâtre », « le charpentier »…) que nommés. De plus, leur psychologie, rarement des plus développée et peu nuancée, s’exprime beaucoup plus souvent au travers de leurs répliques qu’au sein de la narration.
- Aussi, les éléments surnaturels d’un conte ne sont jamais remis en question par ses personnages. Ils font partie intégrante de l’univers décrit et sont admis comme une norme en son sein. Autrement dit, à moins de lire un conte satirique qui tourne en dérision ses propres mécanismes, vous ne verrez pas un personnage dire à un autre « Comment ça, tu peux me parler ? Mais tu es un cheval ! ».
- Il est le plus souvent écrit au passé simple et à l’imparfait, les temps du récit classiques. Certains contes à destination des tout-petits font toutefois le choix du présent de l’indicatif pour des questions d’accessibilité.
- Le conte revêt la plupart du temps une fonction morale et didactique. Il cherche à transmettre à travers des histoires en apparence simples des valeurs humaines fondamentales telles que l’honnêteté, le partage, le courage, la générosité, la prudence, la persévérance, etc.
Or, dans une nouvelle, les retours en arrière (ou flashbacks) et les bonds en avant (ou flashforwards), sans être forcément systématiques, sont plus fréquents.
En outre, les deux types de récits raffolent de l’ellipse narrative.
Les sous-genres du conte
Le conte, loin de se cantonner à des récits pour enfants, est un genre foisonnant et diversifié, qui a toujours su s’adapter à son époque et à son public.
Ainsi, les experts peuvent distinguer plusieurs types de contes, parmi lesquels certains sont plus courants que d’autres.
Le conte de fées, emblème du genre
Le conte de fées, aussi appelé conte merveilleux, est sans conteste le plus connu des sous-genres du conte.
Il met en scène un univers où la magie et les phénomènes surnaturels sont considérés comme normaux et acceptés de tous, puisqu’il s’agit de la réalité vécue par les personnages.
Lesdits personnages possèdent en effet des pouvoirs magiques ou des facultés exceptionnelles, à l’instar des sorcières, des ogres, des dragons, des gnomes, des animaux qui parlent et se comportent tels des humains (= animaux anthropomorphes), et même des objets magiques…
- Cendrillon,
- La Belle et la Bête,
- La Petite Sirène,
- Peau d’Âne…
Notons au passage que conte de fées peut s’avérer être une dénomination quelque peu trompeuse. En effet, tous les contes de fées ne mettent pas en scène des fées à proprement parler…
Au-delà de l’intrigue et des personnages, toute la magie qui émane des contes merveilleux vise un but universel : enchanter le lecteur.
À cette période, les premières transcriptions des contes de fées oraux ont eu lieu, scellant les histoires les plus populaires.
Le conte pour enfants
Les contes pour enfants entrent dans le champ des contes merveilleux, mais ils sont tout spécialement destinés à un jeune public friand de belles histoires.
Au programme : évasion dans des univers oniriques, animaux qui parlent (conte animalier) et promotion de valeurs fondamentales.
Il n’est pas rare que les contes pour enfants visent un autre objectif commun : permettre aux enfants, à travers des récits de fiction auquel ils peuvent s’identifier, de surmonter leurs peurs ou de trouver des réponses aux grandes questions morales qu’ils se posent durant la phase de découverte du monde et des autres.
- Boucle d’Or et les Trois Ours,
- Hansel et Gretel,
- Le Chat botté,
- Le Vilain Petit Canard…
Vous l’aurez compris, le conte pour enfants se veut simple, accessible, et surtout éducatif.
Ce type de conte se transmet de génération en génération et fait souvent l’objet d’éditions illustrées qui stimulent l’imaginaire des petits comme des grands enfants.
Le conte musical
Plus confidentiel, le conte musical est un sous-genre du conte qui, comme son nom le laisse entendre, s’épanouit à l’oral.
L’histoire, au lieu d’être simplement écrite ou narrée sans mélodie, est chantée. Elle peut aussi être racontée sur fond d’orchestration musicale, et être accompagnée de chorégraphies.
Parfois les contes musicaux sont des adaptations scéniques de contes écrits déjà existants, et certaines fois des œuvres totalement inédites.
- Émilie Jolie,
- Le Soldat Rose,
- Pierre et le Loup (conte symphonique de Sergueï Prokofiev)…
Le conte oriental
Au XVIIIe siècle, le conte oriental était LE nouveau genre littéraire à succès en Europe.
Mêlant merveilleux, exotisme et philosophie, ses récits font la part belle aux sultans et aux djinns, et font voyager les lecteurs au Moyen-Orient et en Asie.
L’exemple le plus célèbre est celui du recueil de Contes des Mille et Une Nuits, qui comprend entre autres Aladin et la lampe merveilleuse, ou encore le populaire Ali Baba et les quarante voleurs.
Un jour, Ali-Baba achevait de couper sa charge de bois lorsqu’il distingua une troupe de cavaliers qui s’avançaient dans sa direction. Craignant d’avoir affaire à des voleurs, il abandonna ses ânes et monta sur un gros arbre touffu.
Les cavaliers mirent pied à terre, ils étaient quarante. Le chef de la bande se dirigea vers un rocher situé près du gros arbre où Ali-Baba s’était réfugié, écarta les broussailles et prononça :
“Sésame, ouvre-toi !” Aussitôt, une porte s’ouvrit, les brigands s’y engouffrèrent, le chef entra le dernier et la porte se referma sur lui.
Après un bon moment, la porte se rouvrit, livrant passage aux quarante voleurs. Quand ils eurent tous défilé, le chef dit solennellement : “Sésame, referme-toi !” Et la porte se referma.
Sur ce, chacun enfourcha son cheval, et la bande disparut. Aussitôt, Ali-Baba quitta sa cachette, écarta les broussailles et découvrit une porte. Il se rappelait la phrase magique : “Sésame, ouvre-toi !” prononça-t-il.
Instantanément, la porte s’ouvrit et Ali-Baba aperçut une immense grotte, emplie de marchandises et surtout de pièces d’or et d’argent empilées dans de grands sacs de cuir. Sans perdre de temps, il réunit autant de sacs d’or que pouvaient en porter ses trois ânes. Quand ils furent chargés, il prononça la formule magique :
“Sésame, referme-toi !” Et la porte obéit. »
(Début du conte Ali Baba et les quarante voleurs)
Le conte classique
Il est celui qui a consacré le conte en tant que genre écrit.
Le conte classique prend réellement son envol vers la fin du XVIIe siècle en France. Avec ses schémas narratifs codifiés et ses personnages stéréotypés, il séduit d’emblée les élites mondaines parisiennes, qui s’en emparent.
Parmi les auteurs qui se laissent prendre au jeu, on retrouve Fénelon, mais également Marie-Catherine d’Aulnoy, ou encore Charlotte-Rose de Caumont La Force. Ah oui, et aussi un certain Charles Perrault…
- Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre,
- La Belle au bois dormant,
- La Barbe bleue,
- Le Chat botté,
- Le Petit Chaperon rouge,
- Le Petit Poucet,
- Les Fées,
- Riquet à la houppe…
Le conte réaliste
En accord avec le mouvement littéraire du Réalisme dont il tire son austérité, le conte réaliste s’oppose au conte merveilleux en ce qu’il s’attache à dépeindre le monde tel qu’il est réellement. Ce faisant, il refuse tout sentimentalisme.
Exit les bons sentiments et les histoires de mariage princier et de château, et place au dur labeur, aux vies conjugales tumultueuses et aux disparités sociales criantes.
N’est-ce pas quelque peu en contradiction avec le principe même du conte ? Pas nécessairement ; la preuve avec Maupassant, ou encore Sand…
- Clair de lune, Guy de Maupassant – 1883,
- Contes du lundi, Alphonse Daudet – 1873,
- Histoire du véritable Gribouille, George Sand – 1851…
Le conte symboliste
Moins porté sur la morale et le message à transmettre que les autres sous-genres du conte, le conte symboliste leur préfère le mystère, les failles de l’inconscient, le rêve et l’ésotérisme.
Avec une telle obsession à démontrer que la réalité matérielle dissimule une dimension spirituelle certaine, on pourrait presque lui trouver des accents baudelairiens…
- Le Miroir des légendes, Bernard Lazare – 1892,
- Le Roi au masque d’or, Marcel Schwob – 1892.
Le conte étiologique
Le conte étiologique plaira sans conteste aux adeptes de l’éternelle question du Pourquoi ?
Il vise en effet à se figurer une explication à une situation, un fait ou un phénomène courant, dont l’origine est bien souvent inconnue du genre humain. Derrière l’histoire et l’anecdote, il s’agit de retracer les origines de l’Homme et du monde, mais aussi des animaux, des paysages, des végétaux, des insectes, des événements, des objets, etc.
Un conte étiologique peut par exemple poser des questions aussi existentielles que Pourquoi les dalmatiens sont tachetés ?, ou encore Comment l’humain a domestiqué des animaux jusqu’ici sauvages ?, à l’instar du conte de Rudyard Kipling Le chat qui s’en va tout seul.
Le conte philosophique
Le conte philosophique est à jamais associé à la figure de Voltaire, et pour cause : il est l’auteur des trois plus célèbres d’entre eux, à savoir Zadig ou la Destinée (1747), Micromégas (1752) et Candide ou l’Optimisme (1759).
— Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
(Derniers mots de Candide ou l’Optimisme de Voltaire – 1759)
Habile, le conte philosophique emprunte l’apparence simple et inoffensive du genre-mère pour transmettre des idées, critiquer la société en place ou explorer des questions philosophiques sans risquer la censure.
Au XVIIIe siècle (qui ne fut autre que le siècle des Lumières), critiquer le Roi, l’Église ou la Noblesse pouvait coûter cher.
Or, détourner les codes du conte pour en faire un instrument de dénonciation avait plusieurs avantages, dont le fait que le message passait sous la forme d’un divertissement accessible, contournant ainsi plus facilement les formes primaires de censure.
Bien sûr, à l’image de son temps et du but qu’il vise, le conte philosophique est souvent chargé d’ironie.
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Tihay, L. (29 juin 2026). Il était une fois… le conte | Genre littéraire. Quillbot. Date : 9 juillet 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/genre-litteraire/conte/