Synonyme | Définition & exemples
En français, deux mots sont synonymes lorsqu’ils partagent un sens semblable et qu’ils appartiennent à la même classe grammaticale.
- Synonymes de voiture :
- registre soutenu : véhicule automobile, automobile à essence ;
- registre standard : auto ;
- registre familier : bagnole, caisse, bolide, tank, épave, tas de ferraille, etc. ;
- mot de sens plus spécifique : taxi, voiturette, berline, limousine, monospace, coupé, hybride, cabriolet, formule 1, deux-chevaux, etc. ;
- mot de sens plus générique : véhicule ;
- mot propre à un territoire (topolecte) : char, tacot, bazou, tire, etc.
Plus qu’un simple substitut, le synonyme, ou plutôt le quasi-synonyme, permet d’enrichir un texte et d’étoffer la palette d’émotions transmises au lecteur.
Qu’ils soient hyperonymes ou hyponymes, les mots de la langue sont pourtant rarement interchangeables en contexte : ils transmettent au contraire leurs propres nuances sémantiques.
Et si synonyme est synonyme d’équivalent, les synonymes s’équivalent pourtant rarement…
Les outils d’aide à la rédaction de QuillBot, comme le reformulateur de texte ou le correcteur orthographique, sauront valider vos synonymes et modifier vos antonymes, le cas échéant.
L’IA peut même vous fournir une liste des synonymes ou des antonymes d’un mot. Néanmoins, seules votre sensibilité linguistique de locuteur et votre créativité d’auteur vous permettront de choisir le plus approprié au contexte…
Synonyme : définition
Un synonyme est un mot partageant un sème, ou une unité minimale de sens, avec un autre. En français, les mots sont très majoritairement polysémiques : ils possèdent plusieurs sens, et donc plusieurs sèmes.
Pour qu’un mot soit le synonyme d’un autre, il faut que ces deux mots partagent exactement les mêmes sèmes. Or, cette synonymie totale est rare, voire impossible. Chaque mot présente des nuances de sens en fonction des conditions de l’interaction (registre de langue, époque, contexte, intention, etc.).
Toutefois, les linguistes s’entendent pour dire que deux mots ayant approximativement le même sens et la même fonction grammaticale sont bel et bien des synonymes.
- Synonyme du verbe bâtir : construire, édifier, ériger
- Ce monument a été bâti au siècle dernier.
- Ce monument a été construit au siècle dernier.
- Ce monument a été édifié au siècle dernier.
- Ce monument a été érigé au siècle dernier.
- Synonyme de l’adjectif grand : immense, vaste, imposant
- Cette ville est grande.
- Cette ville est immense.
- Cette ville est vaste.
- Cette ville est imposante.
Le sens de deux synonymes, bien que rarement identique, se rapproche néanmoins assez pour présenter au moins un sème commun.
Toutefois, deux mots n’appartenant pas à une seule et même catégorie grammaticale ne sont pas synonymes, et ce, même s’ils présentent un ou des sèmes communs.
- Cette ville est épuisante.
- Cette ville m’épuise.
- Il a risqué sa vie pour les sauver.
- Il les a sauvés au péril de sa vie.
Explications :
L’adjectif épuisante et le verbe épuiser ne sont pas synonymes, car ils appartiennent à deux catégories grammaticales différentes. Ils sont en revanche des mots de la même famille.
Cette absence de synonymie se remarque également entre la locution verbale risquer sa vie et le groupe prépositionnel au péril de sa vie.
Ces énoncés, très proches sur le plan sémantique, présentent des mots distincts sur le plan grammatical : ce sont des paraphrases.
La paraphrase est donc un énoncé synonymique qui permet de reformuler une phrase en employant des mots différents pour éviter les répétitions et varier les structures.
Les paraphrases ne sont pas les seuls énoncés synonymiques de la langue. Les phrases affirmatives ou négatives, tout comme les figures de style, véhiculent un sens semblable, mais transmettent d’importantes nuances stylistiques.
- Ce pays est pauvre. (affirmation)
- Ce pays n’est pas riche. (négation)
- Ce pays est en voie de développement. (euphémisme)
- Ce pays est loin d’être riche. (litote)
- Ce pays possède une économie véritablement anémiée. (métaphore)
- Ce pays ne possède ni or noir ni billets verts. (périphrase)
Quasi-synonymes : relations de sens
Puisque la synonymie parfaite n’existe pas, les linguistes parlent de quasi-synonymes pour désigner ces mots qui partagent un sens voisin et qui appartiennent à la même catégorie grammaticale.
Cette appellation de quasi-synonymes permet surtout d’évacuer l’idée bien trop répandue que l’on peut toujours substituer un mot par son synonyme.
Un quasi-synonyme possède un sens proche, mais également des nuances sémantiques et stylistiques qui le distinguent nettement de ses concurrents.
La précision stylistique : les registres de langue
Différence stylistique facile à appréhender, le registre de langue et ses nuances sont généralement bien maitrisés par les locuteurs.
Au nombre de trois, ces registres se distinguent par une certaine liberté vis-à-vis de la norme, du vocabulaire et des structures syntaxiques.
Ainsi, à définition équivalente, les quasi-synonymes dépendent grandement de leur contexte d’utilisation, contraint par le registre de langue dans lesquels ils s’inscrivent.
Comme pour les paraphrases, cette différence stylistique ne se limite pas au mot : elle peut s’étendre à tout l’énoncé.
- Registre soutenu (style très formel ou littéraire) :
- Elle se retira prestement dans ses appartements.
- Nous accusons réception de votre demande.
- Registre standard (style académique ou professionnel) :
- Elle se dirigea rapidement vers sa chambre.
- Nous avons bien reçu votre demande.
- Registre familier (style informel ou populaire) :
- Elle fonça dans sa piaule.
- J’ai reçu ton mail.
La précision sémantique : spécifique, générique et connotation
Les quasi-synonymes présentent généralement un sens plus précis ou, au contraire, plus large que d’autres mots appartenant au même registre de langue.
Ainsi, un hyperonyme est un mot plus générique qu’un autre, tandis que le sens d’un hyponyme est lui plus spécifique.
- Hyponyme de chaise :
- chaise berçante,
- chaise électrique,
- chaise haute,
- chaise de jardin,
- chaise longue,
- etc.
- Hyperonyme de chaise :
- siège,
- meuble,
- mobilier,
- etc.
Lorsque le mot ne possède pas de réalité matérielle, les relations d’hyperonymie ou d’hyponymie permettent d’apporter une certaine intensité à l’émotion ou à la sensation exprimée.
- Hyponyme de peur :
- épouvante,
- phobie,
- vertige,
- trac,
- etc.
- Hyperonyme de peur :
- sentiment,
- inquiétude,
- appréhension
- crainte,
- etc.
À l’oral comme à l’écrit, les mots ne sont jamais anodins : leur choix dépend grandement du message véhiculé. L’aspect mélioratif ou péjoratif d’un mot, lié à sa connotation, traduit plus fidèlement l’opinion du locuteur que ne le fait une phrase déclarative ou assertive.
- Aspect péjoratif :
- Il se dégageait de sa bicoque une odeur pestilentielle.
- Aspect neutre :
- Il se dégageait de sa maison une odeur désagréable.
- Aspect mélioratif :
- Il se dégageait de sa demeure une odeur particulière.
Explications :
Ces trois énoncés, exprimés à l’aide de quasi-synonymes mélioratifs ou péjoratifs, modifient, en quelques mots seulement, le point de vue du locuteur à propos de la maison, voire de son propriétaire.
Quasi-synonymes : utilisation
De fait, les relations de sens entre les mots dévoilent une mécanique complexe : celle du langage, mais surtout celle de son usage en contexte.
En règle générale, les quasi-synonymes sont surtout utilisés pour éviter les répétitions. S’ils sont substitués par un mot de même catégorie grammaticale, leurs sèmes communs garantissent un remplacement globalement adéquat.
C’est surtout le cas pour les verbes dits pauvres, comme faire, être, avoir, mettre, voir, dire, et les mots très polysémiques, qualifiés de passe-partout. Si leur utilisation n’est pas proscrite, leur répétition, elle, alourdit terriblement le texte.
Au contraire, l’utilisation d’hyperonymes raffine les idées exprimées grâce à l’étroitesse de leur champ sémantique. Ces mots précis décrivent en détail des émotions ou des décors, sans circonvolutions et autres digressions involontaires.
- D’un mot, elle a brisé le silence.
- D’un mot, elle a cassé le silence.
- Il a le nez cassé.
- Il a le nez brisé.
Généralement perçues comme synonymes, les formes verbales ou adjectivales cassé et brisé sont des quasi-synonymes : on ne peut pas les remplacer l’une par l’autre dans tous les contextes.
Les locutions briser un cœur et un nez cassé fonctionnent donc en cooccurrence et n’acceptent pas la synonymie au sein de leur expression : elles forment une unité linguistique à part entière.
Si les mots peuvent déprécier ou estimer par leur aspect négatif ou positif, ils peuvent aussi choquer l’auditoire ou ridiculiser le locuteur qui les prononce lorsqu’ils ne sont pas adaptés à la situation de communication.
Connaître le sens des mots est une chose, percevoir leur connotation et maitriser les différents registres de langue permettent d’éviter bien des impairs linguistiques.
Cette sensibilité linguistique s’accroit au cours de la vie des locuteurs natifs, et se développe par la lecture et l’exposition à toutes sortes d’interactions langagières, formelles et informelles, chez les locuteurs non natifs.
Ainsi, ceux que l’on appelle communément des synonymes ne sont en réalité que des quasi-synonymes. Cette nuance, subtile à première vue, ne l’est pas tant que ça. Les synonymes parfaits ne sont que théoriques ; dans la pratique, ils n’existent pas.
- bicyclette : véhicule à deux roues de diamètre égal, dont l’une est mise en mouvement par un pédalier.
- vélo : bicyclette.
En théorie, ces mots sont synonymes : leur référent, l’objet qu’ils désignent, est exactement le même.
En pratique, ce n’est pas du tout le cas, car la fréquence d’utilisation du mot vélo est nettement supérieure à celle de bicyclette.
- Je me suis acheté un vélo électrique : une vraie fusée !
- Je me suis acheté une bicyclette électrique : une vraie fusée !
Seuls les locuteurs les plus âgés utilisent bicyclette pour désigner ce que les générations ultérieures appellent un vélo. Ainsi, l’usage considéré comme vieilli de bicyclette empêche toute synonymie.
Les troncations, qui sont pourtant issues du même mot, ne sont pas non plus des synonymes. Vélocipède, forme longue de vélo, présente une différence de fréquence quasi nulle. Le vélocipède est au vélo ce que la bicyclette est en passe de devenir : son ancêtre.
Quant au mot, locution, acronyme ou anglicisme (respectivement biclou, petite reine, V.T.T., bike) et autre vélo en libre service, ils diffèrent par le registre ou la précision sémantique.
Les topolectes ne sont pas non plus des synonymes. Ils dépendent de la position géographique du locuteur : spad, bicloune, bexon pour les Flamands, bicycle ou bicique pour les Québécois.
Qui plus est, le retour en force de la draisienne, ancêtre du vélocipède, est le parfait exemple du mythe de la synonymie d’usage. En français moderne, on appelle ça du recyclage…