J’essaie ou j’essaye | Orthographe

Entre les formes j’essaie ou j’essaye, il est inutile de tergiverser : les deux graphies sont correctes au présent de l’indicatif. Toutefois, ce choix graphique ne s’applique pas à toutes les personnes du présent.

J’essaye ou j’essaie  : les deux !
  • J’essaie/essaye ;
  • Tu essaies/essayes ;
  • Elle essaie/essaye ;
  • Ils essaient/essayent ;

MAIS

  • Nous essayons ;
  • vous essayez.

Cette alternance existe aussi au mode impératif (essaie/essaye) et au mode subjonctif (que j’essaie/essaye), mais n’est pas systématique.

Si l’on peut essayer d’expliquer ce phénomène, il est bien difficile d’en déterminer l’origine… Et ce n’est pas faute d’avoir essayé !

Avis à tous ceux qui essayent ou essaient surtout de ne pas se tromper…
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J’essaie ou j’essaye

La conjugaison des verbes dont l’infinitif présente une finale en -⁠yer est une grande source de confusion chez les francophones.

Peut-on vraiment les blâmer ? Le manque d’uniformité de l’alternance entre la terminaison en « i » ou en « y » tend à prouver le contraire.

À l’indicatif et au subjonctif présent, les verbes se terminant en -oyer et en -uyer troquent le « y » de leur infinitif pour un « i » devant un « e » muet.

Tableau de conjugaison des verbes en -oyer et -uyer
Infinitif Indicatif présent Subjonctif Présent Impératif présent
Essuyer J’essuie
Nous essuyons
Que j’essuie
Que nous essuyions
Essuie
Essuyons
Employer J’emploie
Nous employons
Que j’emploie
Que nous employions
Emploie
Employons
Appuyer J’appuie
Nous appuyons
Que j’appuie
Que nous appuyions
Appuie
Appuyons

Ce n’est pas le cas des verbes en -a⁠yer, comme essayer. La présence du « y » devant un « e » muet n’y est jamais considérée comme fautive. Les deux formes sont donc correctes, attestées et toujours employées, sans distinction de registre de langue.

Tableau de conjugaison des verbes en -ayer
Infinitif Indicatif présent Subjonctif Présent Impératif présent
Essayer J’essaie/essaye
Nous essayons
Que que j’essaie/essaye
Que nous essayions
Essaie/essaye
Essayons
Balayer Je balaie/balaye
Nous balayons
Que je balaie/balaye
Que nous balayions
Balaie/Balaye
Balayons
Payer Je paie/paye
Nous payons
Que je paie/paye
Que nous payions
Paie/paye
Payons

Par ailleurs, cette même variante orthographique a longtemps été en vigueur pour le nom commun. Les mots essai et essay, que l’anglais a emprunté au moyen français, ont été utilisés en alternance pendant plus de cinq siècles.

En français moderne, le substantif du verbe payer fait toujours l’objet de cette double graphie : les formes une paye ou une paie sont toutes deux synonymes de rémunération.

Alternance « i »/« y » : la faute à qui ?
Il pourrait être tentant de reprocher l’origine de cette alternance de terminaisons aux boucs émissaires de la langue française : les moines copistes.

En effet, ces derniers ont eu tendance, au cours du moyen français, à remplacer certains « ii », qui étaient alors écrits sans point suscrits, par un « y », plus lisible.

De fait, du XIVe au XIVe siècle, le mot payer présente pas moins de quatre graphies différentes : paiier, poier, paier et payer. En français moderne, le double « i » existe toujours à l’imparfait (riions) et la voyelle simple côtoie même le « y » au subjonctif (essayions).

Devant le nombre de graphies en circulation et le remplacement aléatoire du « ii », il semble prudent de questionner la responsabilité, réelle ou fabulée, de ces pauvres moines.

D’autant que, s’ils sont effectivement à l’origine de profondes modifications du code graphique de la langue, l’orthographe du français, elle, ne s’est fixée qu’au XVIIIe siècle, soit deux cents ans après les initiatives graphiques des scribes médiévaux.

Ne serait-ce pas plutôt aux grammairiens de l’époque que l’on devrait reprocher d’avoir conservé ce code graphique illogique, dans le but inavoué d’en réserver la maîtrise à une élite instruite ?

Des théories controversées, des questions sans réponse, mais un code graphique indiscutablement complexe. Alors pour une fois que deux variantes orthographiques sont acceptées, ne pourrait-on pas simplement essayer d’en profiter ?

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Charrin, A. (10 mars 2026). J’essaie ou j’essaye | Orthographe. Quillbot. Date : 13 mars 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/orthographe/j-essaie-ou-j-essaye/

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Aude Charrin, MA

Traductrice et linguiste de formation, Aude a également enseigné le français à des jeunes en difficulté scolaire. Sa nouvelle mission : démocratiser la langue française en vulgarisant ses concepts.

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