Ducoup ou du coup | Orthographe

S’il y a bien une expression que tous les francophones ne partagent pas, c’est le fameux du coup hexagonal. Largement utilisée à l’oral, cette locution sème la confusion lors de sa transcription à l’écrit.

Du coup ou ducoup
  • Du coup, t’as fait quoi ?
  • Ils n’avaient plus le temps, du coup, ils n’y sont pas allés.
  • La crise climatique devient du coup un enjeu politique.

Adverbe, connecteur logique ou élément discursif, du coup, en deux mots, est loin d’être un simple marqueur identitaire dont les Français ne peuvent se défaire. Du coup, rien de tel que la linguistique pour expliquer le tout !

Avis à tous ceux qui pensent que du coup est une erreur…
Nombreux sont les soi-disant experts de la langue qui considèrent que du coup est un affront à la langue française, entre la faute de goût et le tic de langage.

Ces mêmes experts conseillent de remplacer du coup par des synonymes, tels que de ce fait, à la suite de quoi, en conséquence de quoi, etc.

Le problème, c’est que du coup n’est pas toujours un adverbe. Du coup est grammaticalement inclassable et, du coup, les grammairiens ne l’aiment pas.

Heureusement, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — ajouteront l’espace entre les deux mots de la locution.

Et si vous êtes francophones, mais non locuteurs de la variété hexagonale, vous n’avez même pas à vous en faire, du coup

Du coup : locution

Du coup est une locution, c’est-à-dire qu’elle est composée de plusieurs mots. Dans tous les cas, elle présente une espace typographique entre ses mots.

Morphologiquement, cette locution est composée du nom commun masculin singulier coup, précédé du déterminant du, contraction de la préposition de et du déterminant le.

Ici s’arrête la logique grammaticale parce que la grammaire n’est pas la langue. Du coup est par essence un mot de l’oral, qui a intégré le lexique des locuteurs français, car il répond à un besoin spécifique.

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Du coup : lien de causalité

Le plus souvent, la locution permet d’établir un lien de causalité. À l’instar de donc ou de par conséquent, du coup marque la conséquence d’un raisonnement.

Du coup : causalité
  • Les secours sont arrivés sur les lieux rapidement, du coup le drame a été évité.
    = donc le drame a été évité
  • Le manque de lumière fait disparaître la végétation et, du coup, tout l’écosystème.
    = par conséquent, tout l’écosystème

La locution possède également une valeur temporelle. Le lien de cause à effet implique la succession chronologique d’au moins deux actions.

D’ailleurs, l’adverbe de temps du même coup joue le même rôle : il actualise la conséquence de l’événement.

Particulièrement similaire à du coup, du même coup ne porte aucun jugement négatif ; il est aussi bien utilisé à l’écrit qu’à l’oral.

Du coup : temporalité
  • La surconsommation alimentaire devient du coup un signe extérieur de richesse.
    = du même coup un signe extérieur de richesse
  • Ces licenciements privent du coup certains employés d’une retraite bien méritée.
    = du même coup certains employés d’une retraite bien méritée.

Lien de causalité ou adverbe, la locution du coup est essentiellement utilisée à l’oral. Toutefois, son taux de fréquence est tel qu’on la retrouve aujourd’hui à l’écrit, et ce, même dans des énoncés de registre standard.

Des tics qui n’en sont pas…
Les « tics de langage » correspondent à une habitude dans le choix des mots.

Typiquement, à un moment donné, genre et bien d’autres, sont des mots ou des expressions en circulation, utilisés par des locuteurs en fonction de leur âge, de leur groupe social ou de leur position géographique.

S’ils sont ainsi mobilisés au sein d’énoncés, c’est parce qu’ils séduisent. D’ailleurs, c’est généralement leur surutilisation qui écorche autant les oreilles de certains.

Le choix des mots par un locuteur n’est pas le fruit du hasard, il résulte de facteurs sociolinguistiques. La reprise d’un mot se fait en fonction du jugement de valeur à l’égard du locuteur qui l’utilise.

Lorsqu’un jeune de vingt ans emploie genre dans ses énoncés, il marque linguistiquement son appartenance à cette génération, tout en se distinguant des autres.

Un employé qui commence soudainement toutes ses phrases par typiquement, comme son supérieur hiérarchique, trahit son admiration professionnelle. Cette utilisation peut d’ailleurs se restreindre à son milieu de travail et être complètement absente de sa vie privée.

Ces choix, inconscients mais particulièrement révélateurs pour les sociolinguistes, témoignent des différentes ressources langagières sollicitées en interaction. Un locuteur reprend certains mots et expressions pour s’en attribuer la valeur symbolique.

Cette valeur reste subjective et dépend de chaque locuteur en fonction de ses propres facteurs sociodémographiques. Loin d’être une manie, le « tic de langage » est nécessaire à la construction identitaire des locuteurs, et s’inscrit, à l’instar des marqueurs discursifs, au cœur des routines langagières.

Du coup : marqueur discursif de l’oral

Les marqueurs discursifs sont des mots (quoi, , ben, voilà, enfin, etc.) ou des expressions (ok, en fait, t’sais, t’as vu) largement intégrés dans le discours pour connecter les énoncés.

Le locuteur rassemble ainsi ses idées sur le plan cognitif et les articule en insérant ces connecteurs logiques au sein de son discours.

Similaire aux adverbes de liaison alors ou donc, la locution du coup permet de reprendre la suite d’une conversation ou d’un discours interrompu.

Du coup : marqueur discursif
  • Du coup, il vient ou pas, je ne comprends plus…
  • Du coup, j’en étais où ?

Elle permet aussi de renforcer une question ou une exclamation, voire une évidence, en conservant un subtil lien de causalité.

Du coup : marqueur discursif
  • Du coup c’est ça la réponse !
  • Tu pourras venir du coup ?
  • Viens demain du coup, je suis en congé.

N’en déplaise aux grammairiens, il est impossible ici de remplacer du coup par de ce fait, à la suite de quoi, en conséquence de quoi et autres locutions adverbiales qui ne sont pas des marqueurs discursifs.

La langue, et notamment la langue orale, possède son propre code, forgé dans l’instantanéité des interactions. Du coup a tellement envahi les énoncés qu’il déborde sur l’écrit. Toutefois, cette locution est un particularisme : elle n’est utilisée qu’en France.

Ailleurs dans la francophonie, les locuteurs du français utilisent d’autres marqueurs propres à chaque communauté linguistique. Au Québec, la réduplication de l’adverbe ou la locution fait que, abrégée en faque, sont des marqueurs discursifs aussi communs que le du coup hexagonal.

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Charrin, A. (7 avril 2026). Ducoup ou du coup | Orthographe. Quillbot. Date : 9 avril 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/orthographe/ducoup-ou-du-coup-orthographe/

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Aude Charrin, MA

Traductrice et linguiste de formation, Aude a également enseigné le français à des jeunes en difficulté scolaire. Sa nouvelle mission : démocratiser la langue française en vulgarisant ses concepts.

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