Je fais ou je fait | Orthographe

Le verbe faire, conjugué au présent de l’indicatif et à la première personne du singulier, se termine par un « s ».

Je fait ou je fais
  • Je fais du thé, tu en veux ?
  • Je fais du ski tous les hivers.
  • Je fais ce que je veux.
  • Je me fais de nouveaux amis chaque jour.
  • Je fait

Si les terminaisons du présent sont généralement maîtrisées, il suffit qu’un pronom personnel complément se glisse entre le sujet et le verbe pour entraîner les locuteurs sur la mauvaise pente.

Voici une petite explication pleine de bon sens qui devrait rendre cette pente plus douce et surtout vous la faire remonter… dans le bon sens !

Avis aux faiseurs d’erreurs… 
Si vous hésitez devant la conjugaison du verbe faire au présent, vous devriez laisser faire les outils d’aide à la rédaction de QuillBot.

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Je fais ou je fait

Le verbe faire, conjugué au présent et précédé du pronom personnel je, s’écrit je fais. Toute autre forme est incorrecte.

La graphie fait n’est pas pour autant fautive lorsqu’elle est employée, au présent, devant les pronoms personnels il, elle et on, soit à la troisième personne du singulier.

Verbe faire au présent de l’indicatif
  • Je fais la cuisine si tu fais la vaisselle.
  • Il fait toujours la même erreur.
  • Elle fait la tête, mais je ne m’en fais pas pour elle, ça lui passera.
  • On fait quelque chose ce week-end ?

La forme fait est également le participe passé du verbe faire. Ainsi, au passé composé et au plus-que-parfait, les formes j’ai fait et j’avais fait associent le pronom personnel je, l’auxiliaire avoir et le participe passé fait.

Ces deux temps composés appartiennent au système verbal du passé, d’où l’emploi d’un participe dit passé, qu’il faut accorder au besoin.

Que ce soit dans les terminaisons verbales ou dans la cohérence temporelle de l’énoncé, ces temps ne peuvent être confondus avec ceux du présent.

Faire faire et système verbal du passé
  • J’ai fait un gâteau.
  • Je n’ai pas fait ce qu’il fallait.
    = passé composé, soit l’auxiliaire avoir au présent et le participe passé de faire.
  • J’avais fait tout ce que je pouvais pour l’aider.
  • Je n’avais pas fait grand-chose ce jour-là.
    = plus-que-parfait, soit l’auxiliaire avoir à l’imparfait et le participe passé de faire.

Je te fais ou fait

Le verbe faire est très souvent employé avec un complément de verbe. Il est alors un verbe transitif, direct ou indirect.

Lorsque les compléments directs et indirects se pronominalisent, ils apparaissent entre le sujet je et la forme conjuguée fais.

Je te fais ou je te fait 
  • Je te fais de la peine.
    = te : complément indirect du verbe faire ;
    = de la peine : complément direct de faire.
  • Je t’en fais.
    = t’ : complément indirect du verbe faire ;
    = en : complément direct du verbe faire, mis pour de la peine.

Au présent, temps simple plutôt que composé, la place occupée par les compléments de verbe n’a aucune importance sur l’accord du verbe.
Ainsi, à la première personne du singulier, le verbe faire s’écrit toujours fais, quelle que soit la position des compléments indirects et directs.

Je le fait ou fais

La forme je fais reste donc identique quel que soit le pronom personnel complément. Ce dernier, parce qu’il se place avant le verbe, sème pourtant la confusion chez les locuteurs.

Cette confusion n’a pas lieu d’être, car le seul donneur d’accord d’un verbe est son sujet.

Il faut faire la différence entre le pronom personnel sujet, qui commande l’accord du verbe ou de l’auxiliaire, et le pronom personnel complément qui commande l’accord du participe passé.

Je le fais ou je le fais 
  • Cet après-midi, je fais le changement dont tu m’as parlé.
    = Je le fais cet après-midi ;
    = le : complément direct du verbe faire, mis pour le changement.
  • Hier, j’ai fait la modification dont tu m’avais parlée.
    = Je l’ai faite hier ;
    = l’ : complément direct du verbe faire, mis pour la modification.

Au passé composé et au plus-que-parfait, la place occupée par les compléments du verbe influence l’accord du participe passé, selon des règles très précises. L’auxiliaire, conjugué au présent ou à l’imparfait, s’accorde, lui, avec le sujet de la phrase.

Le « j’y fais » du parler lyonnais…
À Lyon, la pronominalisation des pronoms personnels le et la en « y » est un héritage du franco-provençal, un dialecte transalpin partagé par les Suisses, les Italiens et les Français.

Langue romane, le franco-provençal serait apparu dès le VIIe siècle dans une vaste région située entre les langues d’oïl au nord et les langues d’oc, dont l’occitan, au sud.

Si bon nombre de lyonnais disent j’y fais en lieu et place de je le fais et de je la fais, c’est parce que le « y » est resté, dans le parler de la région, un pronom neutre. Il permet ainsi de regrouper sous un seul et même pronom le masculin singulier et le féminin singulier.

À l’image du trio he, she et it de l’anglais, le « y » du franco-provençal désigne de façon neutre une chose inanimée ou un concept abstrait.

Qu’il s’agisse de la vaisselle ou du ménage, si un Lyonnais vous dit qu’il va y faire, laissez-le faire ! Si la neutralité d’un pronom mène au partage des tâches ménagères, il ny a vraiment pas de quoi s’en faire, au contraire !

 

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Charrin, A. (27 novembre 2025). Je fais ou je fait | Orthographe. Quillbot. Date : 27 novembre 2025, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/orthographe/je-fais-ou-je-fait/

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Aude Charrin, MA

Traductrice et linguiste de formation, Aude a également enseigné le français à des jeunes en difficulté scolaire. Sa nouvelle mission : démocratiser la langue française en vulgarisant ses concepts.

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