Conjugaison | Définition & exemples
En français, la conjugaison correspond à l’ensemble des formes verbales, soit l’association du radical d’un verbe et de sa terminaison, parfois agrémentée d’un auxiliaire.
Ces terminaisons, aussi appelées désinences verbales, permettent de situer une action dans le temps, mais également de la prolonger, de la répéter ou de l’attribuer à un ou des auteurs.
- Le feu d’artifice a été annulé.
- Temps : passé composé.
- Mode : indicatif.
- Personne : 3e personne du singulier.
Incontournable, mais pas indispensable, la conjugaison française prédit le futur avec certitude et accorde au singulier des réalités plurielles.
Et si impossible n’est pas français, sa conjugaison et ses irrégularités conjuguent évidemment leurs efforts pour invariablement le complexifier…
Quelques différences existent pourtant : l’espagnol, par exemple, ne présente jamais de pronom personnel devant ses formes conjuguées. Seule la désinence verbale détermine le genre et le nombre du sujet.
En français, l’impératif est le seul mode où cette absence de pronom est possible. C’est là toute la complexité de la conjugaison française : son irrégularité.
Heureusement, les outils d’aide à la rédaction de QuillBot, comme le reformulateur de texte ou le correcteur orthographique, conjugueront leurs savoirs pour que vos verbes retrouvent leur verve.
L’IA peut même vous permettre d’en apprendre davantage sur la concordance des temps ou le plus-que-parfait, mais ne peut rien contre le déclin du passé simple.
Que les nostalgiques se rassurent : vous pourrez toujours consulter votre Bescherelle, qui résiste à toutes les modes depuis la nuit des temps…
Table of contents
Conjugaison : structure du verbe
Chaque verbe possède différentes formes selon la personne et le nombre du sujet, ainsi que le temps et le mode du verbe.
Ces indications sont données par la désinence verbale, mieux connue sous le nom de terminaison verbale, car, en français, elle se place après le radical ; en d’autres mots, elle termine le verbe.
- Je mange les restes du réveillon.
- On mange les restes du réveillon.
- radical : mang-
- terminaison : -e
Explications :
La désinence verbale indique que le verbe manger est conjugué au présent de l’indicatif. Identique aux première et troisième personnes du singulier, la désinence ne suffit pas à déterminer la personne et le nombre du sujet. En français, la présence du pronom personnel est indispensable.
Le radical, lui, conserve généralement la même forme, sauf pour les verbes irréguliers.
- Ils ne veulent pas fêter le réveillon.
- radical : veul-
- terminaison : -ent
- Vous ne vouliez pas fêter le réveillon.
- radical : voul-
- terminaison : -iez
- Ils ne voudront pas fêter le réveillon.
- radical : voud-
- terminaison : -ront
- Je ne pense pas qu’ils veuillent fêter le réveillon.
- radical : veuill-
- terminaison : -ront
Explications :
Le verbe vouloir est un verbe irrégulier : son radical change de forme en fonction du temps, du mode, de la personne et de son nombre.
Le radical et la terminaison des verbes à l’infinitif permettent de classer les verbes selon deux ou trois groupes :
- les verbes du 1ᵉʳ groupe présentent la désinence -er,
- les verbes du 2ᵉ groupe présentent la désinence -ir,
- les verbes du 3ᵉ groupe présentent les désinences -re, -oir et -ir.
Les verbes du premier et deuxième groupe, dits réguliers, présentent de nombreuses exceptions. Le verbe aller, par exemple, appartient au troisième groupe malgré sa finale en -er.
Aussi, les verbes en -ir dont le participe présent n’affiche pas la finale -issant n’appartiennent pas au deuxième, mais au troisième groupe.
- Premier groupe : manger, aimer, parler, etc. sauf aller.
- je vais,
- nous allions,
- ils iront.
- Deuxième groupe : finir, choisir, grandir, etc. sauf courir, dormir, tenir, etc.
- en finissant ≠ en courant,
- en choisissant ≠ en dormant,
- en grandissant ≠ en tenant.
Devant les nombreuses particularités de chaque groupe, la grammaire nouvelle a réduit leur nombre à deux : le premier qui rassemble tous les verbes en -er à l’exception de aller, et le deuxième qui réunit tous les autres verbes.
- On n’en serait pas là si les choses avaient été bien faites dès le départ.
- On cherche tous le bonheur, mais peu d’entre nous le trouvent.
En français moderne, on acquiert un rôle nettement plus défini : il remplace le pronom nous pour désigner des personnes spécifiques.
Parfois appelé on inclusif, ce pronom commande l’accord singulier du verbe. Toutefois le participe passé et l’attribut du sujet s’accordent en genre et en nombre avec la réalité désignée.
- Les garçons et moi, on est allés au cinéma.
- Les filles, on est les meilleures !
Une dernière utilisation du pronom on permet de désigner une seule personne de manière humoristique ou affective. L’accord se fait toujours au singulier, bien que l’on puisse remplacer on par tu ou vous.
- Alors, on est contente de sa soirée ?
- Et alors, les jeunes, on n’embrasse plus sa tante ?
Conjugaison : désinences verbales
Les désinences verbales changent de formes selon trois éléments : la personne et son nombre, le temps, et le mode.
La personne et son nombre
Le système verbal du français recense trois personnes et deux nombres, ce qui donne six possibilités d’accord et plus d’une dizaine de formes de pronoms personnels.
Voici toutes les personnes qui commandent l’accord du verbe conjugué :
- la 1re personne : le ou les locuteurs de l’énoncé (celui ou celle qui parle),
- la 2e personne : le ou les interlocuteurs de l’énoncé (celui ou celle à qui on s’adresse),
- la 3e personne : le ou les êtres, la ou les choses (celui, celle ou ce dont on parle).
Chaque personne possède un nombre, le singulier ou le pluriel.
- 1re personne du singulier : je,
- 1re personne du pluriel : nous,
- 2e personne du singulier : tu,
- 2e personne du pluriel : vous,
- 3e personne du singulier : il, elle, on, iel,
- 3e personne du pluriel : ils, elles, iels.
Le singulier définit en général une seule entité et le pluriel plus de deux entités, mais comme souvent en français, les choses sont loin d’être aussi simples.
Le pronom on peut désigner une ou plusieurs personnes. L’accord du verbe se fait toujours au singulier, mais l’adjectif et le participe passé prennent la marque du pluriel, en plus de s’accorder en genre.
Dans certains cas, le pronom nous désigne une seule personne. Appelé nous de majesté dans un contexte officiel, et nous de modestie dans des écrits littéraires ou universitaires, les différents emplois de ce pronom reflètent l’humilité éditoriale d’une part et l’objectivité scientifique d’autre part.
Si l’adjectif et le participe passé doivent rester singuliers, ces derniers s’accordent cependant en genre selon la personne désignée.
- Nous sommes fier de vous attribuer la Légion d’honneur.
- Nous, Dr Reims, expert en criminologie, acceptons de témoigner devant jury.
- Nous sommes heureuse de participer à l’enrichissement des connaissances.
- Nous sommes certain que nos lecteurs apprécieront ce trait d’humour.
Parfois, le pronom vous désigne, lui aussi, une seule personne. En effet, le vous de politesse permet de s’adresser de façon polie à une seule personne.
Comme pour le nous de majesté, le participe passé et l’adjectif s’accordent uniquement en en genre.
Par ailleurs, cet accord en genre, et non en nombre, est tout aussi nécessaire lorsque le pronom personnel est complément direct plutôt que sujet de phrase.
- Vous êtes cordialement invitée, Madame, à la remise des prix.
- Vous semblez bien triste, mon chéri.
- Il vous a vue, mais il est bien trop timide pour vous aborder.
- Nous vous avons contactée dans le but d’une éventuelle embauche.
Si l’utilité d’un tel pronom fait débat, les francophones savent désormais que iel désigne une personne dont l’identité de genre n’est pas exclusivement masculine ou féminine.
Néanmoins, le français possède un genre grammatical qui, dans le cas des êtres humains, doit correspondre à l’identité de genre. Le pronom iel pose donc des problèmes d’accords, mis en évidence par l’écriture inclusive et son point médian.
- Iel est content·e.
- Iel sont content·e·s.
Contrairement au français, l’anglais possède un pronom neutre, they, utilisé au pluriel comme au singulier depuis le XIVe siècle. Ainsi, une même phrase en anglais peut avoir quatre traductions différentes en français :
- They are a teacher.
= Il est enseignant.
= Elle est enseignante.
= Ils sont enseignants.
= Elles sont enseignantes.
L’utilisation du pronom they pour désigner les personnes non binaires fait toujours débat dans le monde anglophone, alors même que l’anglais dissocie complètement l’accord grammatical de l’identité de genre.
Par ailleurs, en latin classique, le pronom neutre illud désignait des êtres et des choses sans distinction de genre. Dans le même ordre d’idée, le « y » du franco-provençal désigne, aujourd’hui encore, à la fois le masculin singulier et le féminin singulier.
Les récentes polémiques autour de l’usage de ces pronoms montrent tout l’aspect social, et non linguistique, du débat. Les pronoms neutres, inhérents aux langues, sont utilisés depuis bien plus longtemps que le concept d’identité de genre.
Les personnes non binaires, en revanche, redéfinissent depuis peu les catégories sociales en interrogeant la pertinence du genre comme reflet de l’identité.
Les codes sociaux, que bon nombre de personnes acceptent sans jamais remettre en question, sont alors bousculés. Et ce bouleversement social ne laisse personne indifférent…
Le temps
Les désinences verbales indiquent aussi le temps auquel un verbe est conjugué. Elles donnent un ensemble d’informations temporelles, mais également aspectuelles.
Le présent, le passé et le futur sont des notions temporelles relativement aisées à conceptualiser. Chronologiquement, le passé arrive avant le présent, qui précède lui-même le futur.
Toutefois, chaque temps possède une valeur temporelle propre : le passé composé et le futur proche décrivent le plus souvent un présent quasi immédiat, tandis que le présent de narration décrit, lui, un passé révolu.
- Il a fait ses premiers pas sur scène ce soir (passé composé).
- Il va faire ses premiers pas sur scène ce soir (futur proche).
- Il est sur le point de faire ses premiers pas sur scène (présent prospectif).
- En 1975, il fait ses premiers pas sur scène (présent de narration).
Ainsi, la valeur temporelle ne correspond pas toujours à la temporalité dans laquelle l’action s’inscrit. Cette impression de présent, de passé ou de futur est complétée par la valeur aspectuelle des temps.
L’aspect d’un verbe indique la durée, l’achèvement et le déroulement de l’action exprimée. De fait, l’aspect perfectif du passé simple, dont l’action est terminée, s’oppose à l’aspect imperfectif de l’imparfait, dont l’action reste inachevée.
- La pluie tombait sur la ville désolée (imparfait, action passée en cours).
- La pluie tomba sur la ville désolée (passé simple, action passée terminée).
De plus, l’association des temps simples et des temps composés, c’est-à-dire formés d’un auxiliaire, permet de transcrire l’antériorité d’une action sur une autre ou la succession d’une action accomplie et d’une action en cours, que ces dernières soient passées, présentes ou futures.
- La pluie était tombée toute la journée, mais elle paraissait vouloir enfin s’arrêter (plus-que-parfait et imparfait, antériorité d’une action passée sur une autre action passée, mais non achevée).
- Je n’aurai pas dormi dans l’avion et je serai contente de me reposer (futur antérieur et futur simple, antériorité d’une action future sur une autre action future, non accomplie, mais certaine).
Les temps des verbes conjugués associent leur valeur temporelle à leur valeur aspectuelle pour indiquer une temporalité qui s’étend du passé au futur, en passant par la fréquence, la durée, voire la prédiction absolue.
Le mode
Le mode n’est pas le reflet de l’action, mais celui de la perception du locuteur. Souvent simple vœu, l’énoncé peut se conjuguer au passé ou au présent.
Seuls le conditionnel présent et son équivalent composé, le conditionnel passé, expriment un fait ou une action à venir. Malgré leur aspect incertain et hypothétique, ils ne sont plus considérés comme un mode, mais appartiennent désormais aux temps de l’indicatif.
Ainsi, le mode indicatif exprime le réel et la certitude, tandis que le subjonctif transmet le doute et l’émotion. Alors que l’impératif ordonne ou conseille, l’infinitif n’exprime, lui, ni temps ni personne.
Qu’ils présentent ou non un pronom personnel, les modes sont atemporels, ils ne s’occupent ni du moment de l’action ni de son aspect. Le mode d’un verbe témoigne surtout de l’intention du locuteur et de la fonction communicative qu’il attribue à son propre énoncé.
- Je dors (indicatif).
- Il faut que je dorme (subjonctif).
- Dors ! (impératif).
- J’aimerais dormir (infinitif).
En plus des temps, des modes, des aspects et des terminaisons, la conjugaison française présente des difficultés majeures. Le choix de l’auxiliaire (être, avoir ou aller) est loin d’être évident pour les locuteurs non natifs, et l’accord du participe passé n’est pas entièrement maîtrisé par les locuteurs natifs.
L’usage tend à simplifier la conjugaison en éliminant le passé simple de l’oral et de l’écrit et en construisant des formes verbales périphrastiques, réputées plus simples à conjuguer.
Le déclin du passé simple et l’utilisation du futur proche, construit avec le semi-auxiliaire aller et l’infinitif du verbe, sont des changements en cours. Ils reflètent le français contemporain et participent à son évolution, inexorable et garante de sa survie.
Rappelons surtout que des langues sans conjugaison, ça existe aussi !
Ainsi, le présent, le passé et le futur sont indiqués par des adverbes de temps (maintenant, hier, demain) et des particules aspectuelles, agencés autour du verbe dans sa plus simple expression.
La phrase de base se compose alors d’un adverbe de temps qui situe l’action, d’un pronom personnel qui désigne le sujet de l’action, d’un verbe qui décrit l’action, et d’une particule, qui précise le déroulement de l’action.
Une action achevée, en cours, ou tout juste vécue se définit après le verbe par trois particules différentes. Cette conjugaison lexicale, et non flexionnelle, repose sur un assemblage de mots qui situent, décrivent et précisent l’action : « hier, je manger en train de ».
Toutefois, l’ordre des mots dans la phrase est crucial : une syntaxe modifiée change tout le sens de l’énoncé. Si l’absence de grammaire et de conjugaison peuvent séduire les francophones, la syntaxe et surtout les tons, signifiant différents mots, du mandarin rendent son apprentissage difficile.
Après tout, que valent les quelques temps et modes de la conjugaison française contre les 3000 caractères chinois nécessaires à la simple lecture du journal…