Paronyme | Définition & exemples
En linguistique, un paronyme est un mot qui ressemble à un autre mot sur la forme, mais pas sur le fond.
- conjoncture = situation résultant d’un contexte spécifique,
- conjecture = supposition préalable à toute démonstration.
- Face à une telle conjoncture économique, les journalistes se perdent en conjectures farfelues.
Souvent confondus avec les homonymes, les paronymes se définissent par des formes dont au moins un son ou une lettre diffère. Cette similitude, loin d’être complètement fortuite, est avant tout étymologique. Petit retour sur les faux jumeaux de la linguistique…
La paronymie, qui atteste d’une ressemblance graphique entre deux mots, est très largement utilisée par les artistes de la rime : poètes et chanteurs embrassent ces mots, qui embrasent leur prose !
Évidemment, toute coquille ruinerait instantanément l’effet artistique induit par une telle ressemblance. Heureusement, les outils d’aide à la rédaction QuillBot, comme le correcteur orthographique ou le reformulateur de textes, sont là pour éviter que vous ne vous emmêliez les pinceaux et y laissiez vos plumes…
Paronyme : définition
Un paronyme est un mot quasiment identique à un autre, graphiquement parlant. Cette notion de quasi-similitude est très importante : elle différencie le paronyme de l’homonyme.
- À l’attention de tous les membres du personnel : en raison des conditions météo, la fête organisée à l’intention des nouveaux employés est annulée.
- Elle était censée les contacter, mais elle a préféré attendre que la situation s’apaise. Nous ne pouvons qu’applaudir cette décision sensée.
De plus, l’utilisation du mot paronyme au singulier est assez rare. Par défaut, un mot ne peut être qualifié de paronyme que vis-à-vis d’un autre mot. On parle donc de paronymes au pluriel pour désigner la paire de mots présentant une paronymie, soit une graphie quasi identique.
L’homonymie et la paronymie se rejoignent cependant sur un aspect : les paires d’homonymes ou de paronymes rassemblent des mots qui n’ont (plus) rien à voir sur le plan sémantique.
Homonymes et paronymes réunissent donc deux entités sémantiques distinctes. Toutefois, ces mots se ressemblent sur le plan graphique, au même titre que des jumeaux, deux êtres distincts, mais semblables.
En biologie, on distingue les vrais jumeaux, qui se ressemblent totalement, des faux jumeaux, qui ne sont pas identiques, même s’ils partagent des traits communs.
Appliqué à la linguistique, le principe reste le même :
- les homonymes sont de vrais jumeaux, qui partagent une orthographe identique (homographes) ou une prononciation identique (homophones),
- les paronymes sont de faux jumeaux, qui se ressemblent grandement, mais ne sont pas totalement identiques.
Cette analogie biologique est tout à fait remarquable lorsque l’on étudie l’étymologie des paronymes : leur filiation témoigne d’une généalogie aussi riche que complexe, qui n’a rien à envier à celle de nos familles élargies, recomposées, voire dysfonctionnelles…
Au-delà de ces considérations techniques, les paronymes se distinguent par une très légère nuance graphique ou phonétique. Bien souvent, seuls une lettre ou un son les différencient.
- consommer = utiliser une chose par transformation (consommer de la nourriture),
- consumer = détruire graduellement une chose (consumer par la passion).
- Puisqu’il ne consommait plus rien, il se consumait rapidement.
- écharpe = bande d’étoffe indiquant une fonction ou protégeant le cou,
- écharde = corps étranger qui pénètre accidentellement sous la peau.
- Son écharpe de dignitaire faisait figure d’écharde dans le corps politique.
Évidemment, cette paronymie s’applique également aux mots de la même famille. Ainsi, les noms communs consommation et consumation sont tout autant des paronymes que l’infinitif de leurs verbes.
Toutefois, dans certains cas, cette différence s’atténue jusqu’à devenir infime. Elle ne repose plus sur la présence ou l’absence d’un son ou d’une lettre, mais sur leur ordre.
Ces formes paronymiques sont particulièrement pourvoyeuses d’erreurs graphiques ou phonétiques, notamment des lapsus.
- conversation = échange de propos,
- conservation = action de préserver ou de maintenir en état.
- Notre conversation bifurqua sur la conservation du patrimoine italien.
- percepteur = fonctionnaire chargé de la perception des impôts,
- précepteur = instituteur particulier à domicile.
- Devenu percepteur des impôts, il se montrait indulgent envers son ancien précepteur, ce vieil homme qui lui avait tant appris.
Si elle n’est pas homonymie, la ressemblance paronymique n’est pas tout à fait synonymie non plus. Les paronymes incident et accident, souvent traités comme des synonymes, présentent pourtant une différence sémantique notable.
L’incident, du latin classique incĭdens (signifiant qui arrive par hasard) est un évènement imprévu. Ses conséquences peuvent être plus ou moins importantes, de l’incident sans gravité à l’incident diplomatique. C’est le complément du nom incident qui en détermine la gravité.
En revanche, l’accident, du latin classique accidentis (signifiant qui survient, lui-même issu de cadere, qui tombe) est un évènement imprévu et malheureux. Le mot accident présente dans sa définition même la gravité de ses conséquences.
Des locutions comme accident de terrain ou accident sans gravité expriment une rupture ou un impact moins fâcheux qu’attendu, mais implicitement négatif.
Parfois fortuite, la ressemblance paronymique peut également être étymologique. Au cours de l’évolution du français, certains mots se sont enrichis de sens nouveaux.
Un millier d’années plus tard, le sens de ces paronymes diffère tellement que seule la quasi-similitude de leur forme nous rappelle leur origine commune.
- luxueux = caractérisé par le luxe,
- luxurieux = enclin à la luxure, à la débauche.
Les paronymes luxueux et luxurieux viennent tous deux du latin classique luxus, signifiant excès. L’un comme l’autre témoignent effectivement d’un excès, qu’il soit matériel ou comportemental.
Le lien sémantique entre ces deux mots est difficilement interprétable de prime abord, mais leur graphie très proche donne un indice de filiation. Leur étymologie commune en fait des paronymes étymologiques.
Paronyme : exemples
Puisque les paronymes ont des sens bien différents, il est assez aisé de les coordonner au sein d’une même phrase, et ce, sans effet de répétition. Voici quelques exemples de paronymes en contexte.
- Le président a donné une allocution concernant l’allocation accordée aux victimes.
- Il a apporté son linge sale et emporté les bons petits plats de sa maman.
- Mon cœur abhorre ce sourire carnassier que tu arbores fièrement.
- Le groupuscule terroriste, accusé de collusion avec certains gouvernements, aurait provoqué la collision des deux avions.
- Elle a contacté le médecin ; il lui a annoncé qu’elle avait contracté une pneumonie.
- Sa silhouette effilée et sa langue bien affilée faisaient des ravages.
- Émigrant de la France vers le Canada, j’ai été reçu en qualité d’immigrant.
- Cette éminente spécialiste nous assure que l’arrivée du vaccin est imminente.
- Son irruption dans mon bureau me cause toujours une éruption cutanée.
- Son avocat a invoqué la diffamation lorsque le passé de l’accusé a été évoqué.
- Il y avait des lacunes dans son histoire, notamment la raison de sa présence de nuit au bord de cette lagune.
- Il est notable que ce notoire notable fasse preuve de son incompétence notoire jusque dans son discours politique. (il est remarquable que ce célèbre dignitaire fasse preuve de son incompétence — que personne n’ignore — jusque dans son discours politique.)
- Les crimes perpétrés par les soldats sur les civils, notamment les femmes, ont perpétué la loi du silence en vigueur dans l’armée.
- Enfant prodige, il est revenu au pays en fils prodigue : généreux de ses sourires, il n’a désormais rien d’autre à offrir.
Une langue n’a aucunement besoin d’un code graphique pour être langue. La preuve en est que chaque locuteur lorsqu’il rentre à l’école sait déjà parler. Il utilise tous les jours la langue apprise dans son environnement familial pour communiquer.
Ce que l’école apprend aux locuteurs, c’est à écrire, car le code écrit du français, complexifié par une grammaire lacunaire et une orthographe arbitraire, nécessite un apprentissage.
Toutes langues de tradition orale prouvent que le code écrit est loin d’être nécessaire à la langue : il n’en est que la représentation graphique.
Rappelons aussi qu’il y a moins d’un siècle, la grande majorité de la population française était analphabète ; elle ne savait ni lire ni écrire.
La démocratisation de la lecture et de l’écriture est très récente lorsqu’on la compare aux mille ans d’histoire du français — ce qui n’a jamais empêché ses locuteurs de le parler.
Les signes diacritiques, notamment les accents circonflexes, sont des artifices de l’écrit et non de l’oral. Il n’y a aucune différence phonétique entre bailler et bâiller ou chasse et châsse.
À l’origine homonymes (homographes et homophones), ces mots ne sont plus que des homophones, parce qu’un signe diacritique a été ajouté sur l’un d’entre eux pour le distinguer graphiquement de l’autre.
L’homonymie, qu’elle soit homographie ou homophonie, n’est pas paronymie, parce que l’écrit n’est pas l’oral. Les paires a/à, ou/où, tâche/tache ou encore du/dû sont des homophones, que l’on a distingués graphiquement de leur homographe par l’ajout artificiel d’un accent.
On ne va pas en faire toute une pendule, mais on peut au moins essayer de la remettre à l’heure…
Questions fréquentes sur le paronyme
- Qu’est-ce qu’un paronyme ?
-
Un paronyme est un mot quasiment identique à un autre. Si leur forme est très semblable, leur sens diffère complètement.
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- Quel est le meilleur exemple de paronyme ?
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Les meilleurs exemples illustrant parfaitement la notion de paronymie sont les paires amener et emmener, ainsi que apporter et emporter.
Toute la différence sémantique de ces paronymes repose sur le sens des préfixes « a » et « em ».
En effet, apporter (qui s’est longtemps écrit avec un seul « p ») et amener désignent le fait de porter ou de mener quelque chose ou quelqu’un avec soi jusqu’à sa destination.
Les verbes emmener et emporter signifient, eux, de porter ou de mener quelque chose ou quelqu’un avec soi depuis un lieu que l’on quitte.
Autrement dit, la différence sémantique de ces paronymes s’établit en fonction du lieu de l’action, qu’il soit point d’origine ou destination.
Aujourd’hui, cette nuance de sens, tellement ténue, s’est perdue et ces paronymes sont considérés comme des synonymes. Toutefois, leur rôle paronymique demeure tout à fait visible dans certains contextes : on ne peut pas toujours les substituer l’un à l’autre.
- Elle amène ses enfants à l’école tous les matins.
- Elle emmène ses enfants à l’école tous les matins.
- Elle leur apporte leur goûter en allant les chercher.
- Elle leur emporte leur goûter en allant les chercher.
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Charrin, A. (17 juillet 2025). Paronyme | Définition & exemples. Quillbot. Date : 24 novembre 2025, issu de l’article suivant : https://quillbot.com/fr/blog/linguistique/paronyme/